De Montluc à Mauthausen

Les Terreaux – Montluc

Arrêté le 22 juillet 1943, je suis amené au siège de la Gestapo de Lyon. Après interrogatoire d’identité, on me conduit à la cave, dans laquelle il y a déjà une quarantaine de personnes. Défense de parler. A terre, dans un coin, un homme a la tête en sang. Un chien le surveille. Si l’homme bouge, le chien mord. Ce chien est la terreur des anciens. On se sert de lui pour les interrogatoires.


A 20 h, un SS nous met des menottes, 2 par 2, et nous charge dans une camionnette qui nous emmène au Fort Montluc.

Un geôlier me conduit dans une baraque en bois dans laquelle il y a déjà une centaine de personnes dont vingt femmes. Nous sommes séparés d’elles par un rideau fait de couvertures. Tout le monde couche à terre sur des paillasses. Suivant le nombre des détenus qui varie avec les départs et les arrivées, on couche de un jusqu’à cinq par deux paillasses. Il fait très chaud dans cette baraque. La nuit, nous sommes dévorés par les punaises. Il y en a tellement qu’on a souvent l’impression qu’il en pleut.

Quoi qu’affaiblis par la faim et la défense de se coucher le jour, ce n’est pas sans appréhension que chaque jour, nous voyons approcher la nuit.

Avec nous, plusieurs médecins, mais pas de médicaments. Un camarade a une crise d’appendicite. Le commandant du Fort vient. Il promet de faire évacuer le malade. Personne ne vient. Heureusement, la crise se passe bien.

Début septembre arrive une famille juive avec une fillette de trois ans. Un général qui passe une inspection donne l’ordre de faire sortir l’enfant le jour même de la prison. Malgré l’ordre donné, l’enfant reste quatre semaines et finalement part avec ses parents pour Drancy.

Tous les matins, appel d’une dizaine de détenus qui vont à l’interrogatoire. En général, ils reviennent en piteux état. Toute la journée, tout le monde ne parle que de festins, cuisine et lieu où l’on mange bien, tous souffrant de la faim.

Le matin, café. A midi, soupe aux branches de céleri avec quelques grains d’orge, et le soir 300 g de pain avec 20 g de beurre ou une cuillerée de marmelade.

Notre linge sale est taché du sang des punaises. Pas de savon. Après 90 jours me parvient le premier colis de linge avec un morceau de savon.

Le 28 octobre 1943 je fais partie d’un convoi qui part pour Compiègne avec nous le professeur A. Heilbronner qui était resté 60 jours sans être rasé et dans la cellule dans laquelle il y a le plus de punaises. Il est couvert d’abcès provenant de piqûres de punaises infectées.
Ayant l’occasion de me peser, je constate que de 78 kg, je suis tombé à 64 kg en 98 jours.

Compiègne – Mauthausen

A Compiègne où je devais rester du 29 octobre 1943 au 22 mars 1944, nous n’avons pas été malheureux, ceci grâce aux colis que nous font parvenir les nôtres et surtout grâce à la correspondance que nous pouvons échanger deux fois par mois avec nos parents. D’autre part, nous n’avons pas à souffrir du manque d’hygiène comme à Montluc.

Le 22 mars 44, je fais partie d’un convoi qui va à Mauthausen près de Linz. On nous charge par groupes de cent par wagon. Les wagons sont presque complètement fermés. Rapidement, la température monte et après 30 minutes, le manque d’oxygène se fait sentir.
A la tombée de la nuit, nous tentons d’ouvrir notre wagon et nous réussissons à ouvrir une porte. Malheureusement, il en a été de même dans d’autres wagons. Des hommes ayant sauté d’un wagon, le train s’est arrêté pour un contrôle. Les S.S. font se déshabiller les hommes de 4 wagons pour les charger à 200 par wagon. Ils exécutent six hommes pour l’exemple et tirent à travers les parois de quelques autres wagons. Comme il ne reste pas de wagon intact, ils ne peuvent nous transférer dans une autre voiture. Ils bloquent les portes avec du barbelé. A la frontière allemande, on nous fait déshabiller et on ne nous laisse que nos caleçons.

Après 48 heures de voyage, nous arrivons à Regensburg où on nous donne le premier ravitaillement, un demi-litre de café mais seulement à 400 d’entre nous sur les 1 500 que nous sommes. A terre, 20 cm de neige. Il pleut. Toujours en caleçon, nous avons 200 mètres à faire jusqu’à la buvette, ceci entre une haie de S.S. qui nous caressent les côtes au passage avec les crosses de leurs fusils. Obligés de courir, nous renversons tous plus de la moitié de ce précieux liquide. Nous n’avons pas faim mais atrocement soif. Tous sont couchés par terre les uns sur les autres. Nombreux sont ceux qui perdent tout contrôle de leurs nerfs.
A l’arrivée, trois de nos camarades qui ont perdu la raison sont abattus par les S.S.. Le voyage avait duré 70 heures.

Après avoir laissé nos wagons toute une nuit en gare de Mauthausen, on nous débarque enfin à 6 h du matin. Il fait encore nuit. Nos vêtements sont sur un grand bac dans la neige. Chacun peut prendre quelques hardes en passant à côté du bac, mais il faut faire vite, les S.S. frappent à tour de bras. Après nous avoir laissé attendre en plein vent jusqu’au soir, toujours sans nous avoir donné à manger ou à boire, on nous fait passer aux douches, rasés de la tête aux pieds après nous avoir volé nos montres et bagues.

Notre soif est telle qu’après avoir mangé de la neige toute la journée, nous ne songeons maintenant qu’à boire de l’eau chaude et prendre une douche.
Dépouillés de tout, on nous laisse juste nos ceintures de pantalons, chacun reçoit une chemise et un caleçon neuf et on nous conduit aux blocs de quarantaine.

Mauthausen se trouve à une altitude de 800 mètres. Un vent glacé souffle toute l’année. Entassés à 500 par bloc, nous passons là trois semaines terribles. Nous couchons en sardines à terre sur des paillasses, un la tête en haut, l’autre la tête en bas. L’entassement est tel que si on se lève la nuit, le vide est automatiquement comblé et que, souvent, il faut passer la nuit debout ou couché sur le béton de la salle de douches.

Le jour n’est pas moins épouvantable que nos nuits. Afin de ne pas salir, le chef de bloc nous fait passer les journées dehors, en pleine bise. Nous restons jusqu’à notre affectation en chemise et caleçon. Pour nous réchauffer nous nous serrons les uns contre les autres comme les moutons d’un troupeau lorsqu’il gèle.

Après trois semaines de ce traitement, il y a sur notre convoi de 1 500 personnes 175 malades et 55 morts.

Le 15 avril, enfin, on nous habille. Je fais partie d’un groupe de 90 français, tous métallos, qui seront transférés le même jour au camp de Linz. Lors de notre arrivée à Mauthausen, je me suis fait inscrire comme métallo (perceur) et aussi comme aryen. Cela avec la connaissance de la langue allemande devait me sauver la vie.

Notre nouveau camp nous semble un paradis. Dix heures de travail par jour. Repos les dimanches, un lit par homme, nourriture suffisante et le traitement bon. Nous travaillons à la Stahlbau GMBH du groupe Goering.
Malheureusement, notre camp devient trop petit. Le groupe H. Goering demande 6 000 hommes. Le commandant de Mauthausen, Zieveis, délègue à Linz deux assassins pour y créer un nouveau camp. Il s’agit des S.S. Kofler et Winckler, ex chefs du commando de la compagnie disciplinaire de Mauthausen. Début juillet, notre commando est transféré dans le nouveau camp dénommé Linz III. Le S.S. Obersturmfuhrer Schoeperlé est Lagerfuhrer, Kofler Rapporbfuhrer, Winckler Arbeitsdiensfuhrer.
Ils confient la direction intérieure du camp presque uniquement à des droits communs allemands et à des déportés polonais qui souvent sont encore pire par leur lâcheté et leur platitude devant les S.S..
Le camp, un ancien camp de prisonniers militaires italiens est très sale ; on l’a simplement entouré de barbelés chargés à 380 volts. Les installations sanitaires sont nettement insuffisantes.
En général, un W.C. de 12 places d’ouvert sur les 4, les fosses étant toujours pleines, aussi le campement est-il toujours plein d’excréments.

En peu de temps, nous sommes envahis par les poux, ceci grâce à du linge lavé qu’on nous remet fin juillet en échange de celui que nous avons sur le dos. C’est la première et aussi la dernière fois qu’on nous change le linge en 10 mois. La nourriture suffisante les trois premiers mois deviendra par la suite nettement insuffisante. A tel point que de nombreux déportés mourront de faim.

La discipline est dure. Notre chef de bloc qui deviendra plus tard doyen du camp est un déporté politique Polonais, dans le civil officier de carrière. Rampant devant les S.S., il est avec ses co-détenus d’une brutalité sans pareil. Surtout avec les Français.

Voilà notre programme journalier : réveil 4 h 15 – Soupe 4 h 45 – Rassemblement 5 h 15 – Départ du camp 5 h 45 – Travail de 6 h à 12 h et de 12 h 30 à 18 h. Soupe à 19 h. Contrôle des poux, puis, en général, couchés à 20 h 30. Couchés à deux par lit en raison du manque de place, il est impossible de bien se reposer après avoir travaillé et être resté debout 15 h par jour.

Le 25 juillet, nous subissons le premier raid aérien de 800 appareils. Notre abri est à 20 m de la Stahlbau. Un fossé couvert d’une plaque de béton de 80 mm. Autour de notre fossé, 12 bombes de 500 kg dans un rayon de 20 mètres. Nous ne comptons que 18 morts. A Linz I : 138. Linz III : 42.
Jusqu’à fin novembre, les 6 000 hommes sont affectés aux travaux de déblaiement. Les S.S. surveillent les travaux et matraquent à tour de bras.

En octobre les bombardements et les alertes reprennent. Dès qu’il y a alerte, rassemblement. Notre commando est maintenant de 300 hommes et nous sommes obligés d’attendre que tous soient au rassemblement pour regagner le camp. Souvent, la D.C.A. tire déjà quand nous sommes encore dans l’usine. Nous subissons en tout 27 raids, plus les presque journalières fausses alertes. Les courses vers le camp, parfois deux et même trois fois par jour sont pour nous des plus épuisantes en raison de l’épuisement physique dû à la fatigue du travail, à la sous-alimentation et aussi en raison des blessures que nous portons tous aux pieds et aux jambes. Ces blessures qui sont dues aux galoches ne guérissent pas, presque tous ont de l’oedème aux jambes et en outre, les pansements ne sont faits qu’une fois par semaine.

A l’infirmerie, le médecin, un polonais, ne reconnaît en général que ses compatriotes. Fin décembre nous arrive un médecin serbe qui lui ne craint pas de se faire mal voir par les S.S.. L’effectif de l’infirmerie monte en 4 semaines de 200 à 950, malgré les protestations du Lagerfuhrer.

Par son courage, ce médecin sauve la vie à nombre d’entre nous grâce au repos que les malades trouvent à l’infirmerie, malgré la pénurie de médicaments et de bandes de pansements. Dans une salle sont réunis les malades ayant des phlegmons, les pansements ne sont fait qu’une fois par semaine. La puanteur est telle qu’il m’est impossible de pénétrer dans cette salle.

Janvier – A mesure que le froid augmente, le nombre journalier des morts augmente lui aussi. Certains commandos ont 6 km à faire pour se rendre à leur lieu de travail, c’est-à-dire 12 km tous les jours, quel que soit le temps, neige, pluie, souvent travaillant en plein air, sans avoir jamais la possibilité de se sécher. Souvent sans galoches, les vêtements en loques et les sous-vêtements pourrissants sur le corps, nous sommes envahis par les poux. A la suite de bombardements, nous restons parfois 6 semaines sans eau, c’est à dire sans nous laver. L’eau pour la cuisine est tirée du canal qui passe à proximité. Les pull-overs que les chefs de blocs touchent pour nous être distribués sont trafiqués avec des civils contre du schnaps.
Les contremaîtres nazis dans les chantiers deviennent de plus en plus exigeants. Par suite de la destruction de nombreux pont-grues, le transport de la ferraille se fait à dos d’homme, tôles de plus d’une tonne, rails de chemin de fer etc. Les accidents sont nombreux.

Début février, 3 jeunes russes de 17 et18 ans s’évadent. Ils sont repris 8 jours plus tard.
En notre présence, durant l’appel, ils sont conduits à la potence, précédés de l’orchestre du camp qui joue « Alle voyelein sing schon da ». Ils sont morts avec beaucoup de courage.

A Mauthausen, au cours d’une pendaison, bien que la corde se soit coupée deux fois, le condamné a tout de même été exécuté.

De juillet à fin novembre, la moyenne journalière des décès est de cinq. Dès les grands froids, la moyenne monte à douze. Un camion mis à disposition par les usines H. Goering conduit une fois par semaine les cadavres au four crématoire de Mauthausen.

Fin février, il reste à Linz III 4 200 hommes sur les 6 000. Dysenterie, faiblesse générale (faim), tuberculose, oedèmes, phlegmons.

Fin février, nos maigres rations sont encore réduites. Le matin, un demi-litre de soupe, 50 kg de farine pour 2 000 litres d’eau. A midi, 300 grammes de pain avec son, une tranche de saucisse de cheval, le soir trois quarts de litre de soupe. La cuisine compte 50 g de légumes et 12 g de margarine dont plus de la moitié est volées, pour 3 000 l d’eau.
En mars et avril, la moyenne des décès monte à 15 par jour.
Devant l’avance russe en mars, le Lagerfuhrer prend peur. Ne pouvant partir seul, il fait prendre des dispositions pour une évacuation à pied du camp en direction de Ebensee, au Tyrol, à 90 km de Linz.

Ebensee

Le SDG (Sanibätadienstgehilfe) passe la visite aux malades de l’infirmerie. Quiconque tient sur ses jambes est porté guéri. Les malades couchés sont mis torse nu. A l’encre, on leur inscrit leur numéro de matricule sur la poitrine. Le SDG remet aux médecins un bidon d’essence avec l’odre d’en faire aux malades des piqûres intraveineuses. Les médecins refusent. Les S.S. hésitent. Finalement on remet. Les Russes avancent. En ville, il y a sur les murs l’inscription suivante : « Es wird gemordet im S.S. Lager III ».

D’émotion, 30 malades sont morts.

Tous les malades expulsés reprennent leurs places à l’infirmerie. Lors de la bataille pour Vienne, les jeunes S.S. sont retirés de deux compagnies qui nous gardent. Ils sont remplacés par des vieux de l’armée de l’air, ainsi que par des criminels du camp.

Un médecin passe la visite aux Allemands du camp. 52 droits communs et 8 politiques sont désignés pour être versés dans les formations SS. 3 politiques refusent et leur refus est accepté. 70 déportés politiques polonais se présentent comme volontaires. Ils sont refusés.

En avril, alors que les Russes sont à 90 km, le Gauleiter refuse l’autorisation d’évacuation pour des raisons stratégiques. Le Lagerführer est complètement affolé. Il donne l’ordre de passer 15 minutes aux douches froides tous les malades afin de les faire mourir de mort naturelle et de pouvoir les faire enterrer. Par suite du manque de coke, le crématoire est arrêté. Ainsi disparaitraient des témoignages vivants de mauvais traitements.

Les opérations commencent à 9 h. Les malades, squelettes vivants, sont chargés sur des charrettes à bras pour être conduits aux douches. A 10 h 15, alerte… et bombardement. Les conduites d’eau sont coupées. Les malades ne seront pas douchés.

15 avril – Dans les commandos, le rendement est presque à zéro. Tout le monde, S.S., Meisterscivil, a compris, c’est la fin du cauchemar.
Le 2 mai à 10 h, nous recevons subitement l’offre de rejoindre le camp. Le Commandofuhrer nous dit que vraisemblablement, les Américains sont là. Il nous permet de piller au passage un camion de pommes de terre. Le 3 mai, je fais partie d’un commando qui va enterrer 38 de nos camarades qui sont morts à l’infirmerie. On les met tous dans le trou d’une bombe de 500 kg.

Nous restons au camp jusqu’au 4 mai. A 6 h du matin, nous recevons l’ordre de nous préparer pour évacuer le camp. Nous refusons de partir, craignant un mauvais tour de nos gardiens. Les sentant faiblir, nous nous sentons forts.

Ce n’est qu’après qu’une délégation comprenant Russes, Yougoslaves et Français ait été reçue par le Rapportfuhrer qui nous donne toutes les garanties que nous commençons à quitter le camp.

On nous fait traverser le Danube et à 14 h nous apprenons par des civils que la ville est aux mains des Américains. Toujours accompagnés de nos gardes-chiourmes, nous retournons au camp. Ils ont heureusement peur, nous, convaincus qu’il ne peut rien leur arriver. Ils se voient mobilisés par les Américains pour faire la guerre… aux Russes.

A un kilomètre du camp, une dizaine de nos camarades Russes et Yougoslaves qui étaient restés à la cuisine viennent à notre rencontre. Ils sont armés de mitraillettes qu’ils ont prises dans l’arsenal des S.S.
Ils avaient depuis trois mois les clefs de l’arsenal en prévision du jour J.

Aux premières sommations, les S.S. jettent leurs armes et se rendent. 70 d’entre eux, les plus mauvais, seront abattus sur place. Les autres, en tout 450 seront remis plus tard aux Américains lors de leur arrivée.

Les responsables du camp, Lagerfuhrer etc.. sont remis également afin qu’ils soient jugés. Les Américains les exécuteront sommairement ainsi que 60 S.S. sur les 450.
Au camp, c’est le grand règlement de compte. Les capos et chefs de blocs payent leurs crimes de leur vie.

Marcigny, le 20 juillet 1945

Note 1 Marcel apparaît sur les registre de Montluc comme ayant été incarcéré le 20 juillet 1943 et déporté à Mauthausen le 22 mars 1944. In. Montluc, Antichambre de l'inconnu, 1942-1944; ed. BGA Pemezel

Max Marcel Wyler

Né le 15 juillet 1914 à Olten dans le canton d’Argovie en Suisse.
Fils de Rachel Geissmann et de Julius Wyler.
Il entre en France avec sa mère en Juin 1917.
En Janvier 1929 il entre au service des établissements Schwob et Cie au Moulin de Modenheim en Alsace.
Réfugié avec sa mère à Marcigny en Saône et Loire, Marcel se fait connaître auprès de la gendarmerie en tant qui Juif, dès l’apparition des premières mesures de recensement des Juifs étrangers en juillet 1941. Selon le maire de Marcigny, Marcel aurait été inscrit au recensement d’août 1942 et il apparait en décembre 1943 sur une liste recensant les juifs de la commune ayant fait apposé la mention « juif » sur leur carte d’identité. Marcel est aussi connu par les services de Vichy comme étant volontaire pour le rapatriement ( en Suisse) en mars 1943.
Impliqué dans un réseau de résistance formé par des anciens Eclaireurs Israélites mulhousiens, Max Marcel Wyler est incarcéré à Lyon du 8 avril 1943 au 15 mai 1943, pour trafic de pièces d’or. L’or qu’il allait sans doute chercher en Suisse, servait probablement à financer le réseau de résistance dont il faisait partie à Lyon ( Marco Polo, MRPGPD); venant d’une famille modeste il est peu probable que l’or provienne d’une fortune personnelle.

Il surveillait les moyens mis en œuvre par la S.N.C.F au service des allemands, et participait à la fabrication de faux documents.
En Juillet 1943, Marcel est arrêté par la Gestapo, Place des Terreaux à Lyon lors d’une rafle visant les résistants. Interrogé longuement par la Gestapo dans les sous-sols de l’ancienne Ecole de Santé Militaire, il dira vivre au 15 rue Saint Hélène à Lyon, alors qu’il partageait un appartement au 13 de la même rue, ce qui permit à son ami Sami Kahn de s’enfuir. La Gestapo fit chou blanc lors de la perquisition. Interné à la prison de Montluc, il est déporté à Mauthausen via Compiègne.

Marcel survit à l’enfer des camps, à Mauthausen il est affecté à un Kommando de métallos et écrit à ce sujet : « Grâce à Pichon, (André Ullman) j’ai évité la carrière et me suis trouvé en liaison avec Emile Vallé qui deviendra secrétaire des anciens de Mauthausen. Grâce à Vallé et une centaine de métallos du très bon (sabotage) a été fait dans notre Kommando. »
Libéré le 4 mai 1945, il est rapatrié en France le 20 mai et retourne à Marcigny où immédiatement, il rédige son témoignage.

Il retrouve son emploi après la guerre quand son employeur rentre des Etats-Unis.
En Juin 1949, Max Marcel Wyler épouse Irène Dukase. Le couple réside à Mulhouse où ils élèvent leurs trois enfants.

En mars 1987, Irène meurt.
En février 1992 Max Marcel Wyler, affaibli par la maladie, s’éteint.

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  3 comments for “De Montluc à Mauthausen

  1. Haendel Evelyne
    30 janvier 2012 at 17 h 09 min

    Témoignage poignant et très intéressant! Max est-il un membre de votre famille?
    Amicalement
    Evelyne

    • admin
      30 janvier 2012 at 17 h 14 min

      Merci Evelyne pour votre intérêt. Ce témoignage provient en effet de nos archives familiales.
      Amicalement
      M.

      • Adrien Allier
        7 mars 2015 at 17 h 08 min

        Bonjour,

        Travaillant pour le Mémorial de la prison de Montluc, nous serions très intéressés de discuter avec vous du parcours de votre parent.

        Vous pouvez nous contacter directement par notre adresse mail professionnelle.

        Cordialement,

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