Plus qu’un nom dans une liste : Jacques Goldschmidt

Le dix décembre 1945 Maurice Goldschmidt adresse au Préfet de Lyon une demande de visa pour se rendre en Allemagne, à la question du motif du voyage il écrit : Recherches pour mon fils Jacques, déporté en Allemagne. Maurice est né à Dornach à côté de Mulhouse en juin 1884, en 1924 il épouse Emilie Cahen, elle a vingt-deux ans.

Après le mariage ils s’installent à Lyon, Maurice est associé depuis 1920 avec ses frères Marcel, Louis et  Sylvain dans une société de fabrication et de négoce de soieries.
Le couple a trois enfants nés en 1925, 27 et 28.

Jacques Godschmidt est né à Lyon  le huit décembre 1928. En 1934 il rentre en classe de 11e. Sa scolarité n’est pas interrompue par la guerre, ni par l’arrivée des Allemands à Lyon. Sur la photographie de la classe de 7 e c’est un petit garçon sage assis au premier rang. Culottes de golf et chaussures bien cirées, la mèche est à peine rebelle.

Le 29 octobre 1943, Emilie et ses enfants  sont arrêtés et incarcérés au Fort-Montluc. Le neuf novembre ils arrivent à Drancy et sont déportés le 20 novembre par le convoi N° 62 pour Auschwitz

Lorsque Maurice Goldschmidt  écrit au Préfet de Lyon, il a reçu  un témoignage du Dr Taittinger qui l’aurait vu à Lidau, or Jacques aurait été gazé avec sa soeur Jeanne et sa mère à l’arrivée le 23 novembre 1943.

Nous ne savons pas si Maurice a entrepris d’autres recherches. Ce que nous savons c’est qu’en janvier 1944 il a été condamné à 3 mois de prison pour marché noir, en sortant il a du opter pour la clandestinité et c’est ainsi qu’il aurait échappé à la rafle de la fin du mois d’octobre.

Elie est mort à Birkenau le 31 janvier 1944 quatre jours après la libération du camps.

Sources : AD69 45W 109, AD 69 FML, CDDEJ, Yad Vashem

Plus qu’un nom dans une liste est une initiative du site Jewishtraces pour accompagner la journée Internationale de la Shoah qui aura lieu cette année le 19 avril 2012.  « Plus qu’un nom dans une liste », une initiative relayée sur Twitter et Facebook, renouvelle la manière de sensibiliser les publics à l’histoire de la Shoah par la publication de micro-biographies de victimes. Du 20 février au 19 avril nous publions chaque jour ou presque une micro biographie d’une victime de la Shoah. Déportés depuis la France ou assassinés en France, nous rappelons ici le destin d’hommes de femmes et d’enfants qui apparaissent dans les listes des victimes recensées par les historiens ou dans les listes compilées par les bourreaux.

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