Plus qu’un nom dans une liste : Jankiel Szyfman

 

Jankel Szyfman, debout porte un képi

Jankiel Szyfman est né en Pologne en 1909, il émigre en Palestine, écrivain et journaliste il est expulsé  par les Britanniques et retourne en Pologne. A Varsovie il s’implique dans la lutte sociale et politique,il est recherché par la police polonaise du régime Pilsudski et se réfugie en 1934 en France où Chawa le rejoint en 1935.Jankiel rejoint en 1939 le corps des engagés volontaires de la Légion étrangère, évitant l’internement. Démobilisé en 1940, Jankiel rejoint sa femme à Paris et ils essaient en vain d’émigrer aux Etats-Unis.

Ils restent à Paris jusqu’à la naissance en 1941 de leur fils Albert surnommé Nouni. En 1942 ils décident d’aller chercher refuge en zone libre. Un temps la famille vit à Aigurande dans l’Indre, où ils sont arrêtés lors des rafles du 26 août, internés au camp de regroupement de Douadic, ils sont libérés avant le transfert des internés à Nexon. Il semble que l’engagement de Jankiel dans la légion l’ait sauvé.  Ils finissent par se retrouver au début de 1943 à l’hôtel Beausejour à Aiguebelette. Là, Jankiel rejoint un réseau du maquis. Le 13 novembre 1943 il se fait arrêter à Chambéry avec son ami Majer alors qu’ils sont en mission de ravitaillement.

Jankiel Szyfman

Jankiel réussit à communiquer avec sa femme avant d’être transféré à Drancy d’où il est déporté par le convoi n° 62 le 20 novembre 1943.

 Jankiel écrit le 15 novembre depuis la prison de Chambéry :

Pour le moment nous nous trouvons dans la prison départementale de Chambéry à la disposition de la police allemande. On ne connaît pas encore notre sort, en tout cas on se sent bien. On vous envoie la carte d’alimentation et les tickets. Chez Majer on a pris la carte d’Eddi et le ticket il faut intervenir à la mairie. Aussi longtemps qu’on est là il tâcher d’envoyer le colis avec des vêtements chauds et du linge parce que je n’ai plus mon pardessus. Majer envoie le ticket du lait de novembre d’Eddi. Comment allez-vous ? Fait attention aux enfants. Envoyez aussi papier à lettre, des timbres et un peu d’argent. Mes meilleurs souhaits et baisers, Jankiel.

 PS : Ici on est bien, si vous pouvez envoyer quelqu’un avec le colis, envoyez. Là on peut venir nous voir tous les jours à n’importe quelle heure.Pour ne pas perdre de ticket on les laisse chez XXX. Nous espérons que vouspouvez envoyer quelqu’un le chercher. Mais il faut faire vite. Du baiser pour Nouni.

Chawa Szyfman reste à Aiguebelette jusqu’à la libération puis elle retourne à Paris avec Albert.

Chawa et Albert à Aiguebelette

 

 

 

 

Albert Nouni Szyfman vient de publier un ouvrage de mémoire où il rend hommage à son père.

Depuis près de deux jours le train a quitté la « Hauptbanhof » de Berlin. Un homme jeune fume nerveusement une cigarette dans le couloir en regardant le paysage de la campagne allemande, taille moyenne, cheveux noirs couverts d’un chapeau mou de couleur brune.L’accord de couleur entre son chapeau et son costume marron est le seul trait d’élégance que l’on peut observer.
Son regard sombre semble inquiet. A sa façon de ne jamais montrer son visage plus de quelques secondes et d’observer discrètement les voyageurs qui passent à sa portée, on devine qu’il a l’habitude de la clandestinité.

 

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