Julius Kornweitz , espion et résistant

 

Photographies de Julius de la Gestapo

Photographies de Julius  1942 Gestapo de Vienne

Date de naissance: 18 septembre 1911  

Lieu de naissance: Vienne, Autriche

Adresse avant 1938: Klosterneuburgerstrasse, 43 Vienne (20)

Parcours d’exil: Bruxelles – Oslo – Moscou – Split – Zagreb – Istanbul – Vienne

Lieu d’arrestation : Vienne

Situation à la libération: Disparu à Mauthausen

Date présumée de décès 1944

 

Le cadet des frères Kornweitz, Julius a un an à peine de moins que son aîné Nathan et trois ans de plus que le benjamin de la famille Paul.
Les deux frères partagent un engagement politique commun qui scellera leurs destins, anti fascistes ils sont communistes et ils résisteront dans les réseaux européens jusqu’à leur arrestation et leur déportation.
Julius est Ingénieur architecte, le titre est conféré par son diplôme obtenu en 1933. En 1935, malgré la situation économique déplorable en Autriche , il trouve un emploi et travaille dans un cabinet d’architecte où il gagne 100 shillings par mois.
Depuis 1927 il est permanent du mouvement étudiant socialiste et doit passer dans la clandestinité quand le mouvement est interdit par les autorités.
Nous ne connaissons pas la date de son adhésion au KPÖ (Parti Communiste Autrichien) mais il en devient rapidement un membre dirigeant.

Communiste et clandestin

En décembre 1937 il est arrêté et incarcéré Karajangasse à Vienne, la police découvre chez lui des brochures communistes. Condamné pour délit de presse et activité illégale, il nie toute appartenance au KPÖ mais est condamné à trois  mois d’arrêt et trois mois en camp de concentration.
En février 1938 il est amnistié.
Ojzer son père a été arrêté en même temps que lui et est condamné à cinq  jours d’arrêt et à une amende.

Après l’annexion de l’Autriche par le Reich,  Julius passe dans la clandestinité, il est recherché et sa famille est à nouveau inquiétée. Il est probable que Julius soit allé à plusieurs reprises, entre 1938 et 1939, à Moscou, sur le trajet il s’est rendu à Split à une réunion où il a rencontre Erwin Puschman et Herbert Eichholzer. Son nom de code est « Bobby ».

Julius rejoint son frère Nathan et ses parents en Belgique en juin 1939 et demande l’asile politique.

Bobby alias Ing.Barda, alias Christian Jennsen

Il ne reste à Bruxelles que trois mois puis déclare aux autorités, en septembre 1939, se rendre à Londres tout en partant pour Oslo où se trouve le KPÖ en exil.
Nous savons par des documents de la Gestapo de Vienne que Julius utilise un autre nom de code « Ing. Barda » il a aussi des faux papiers au nom de Christian Jennsen.

Notice d'expulsion par les autorités belges

Notice d’expulsion par les autorités belges

Entre 1938 et 1939 Julius se rend à Paris, à Zurich puis à Agram / Zagreb avant de se rendre à un comité central à Prague.

Quelle a été la position de Julius après le pacte Germano-Soviétique et l’invasion de la Pologne ? Nous n’avons pas de réponse.
En 1941 le pacte est rompu et le Reich est à nouveau un ennemi « officiel » des communistes.

Différents documents et témoignages dans les archives de la Gestapo attestent de l’activité de Julius pour le Komintern en 1941 et 1942.
Il se rend en URSS via la Turquie et les Balkans, la Gestapo le recherche activement. Julius revient à Vienne en 1941 et a pour mission de créer un réseau de résistance. Une taupe nazie s’infiltre dans le réseau et finalement en avril 1942 il est arrêté avec l’ensemble du mouvement. Incarcéré à Vienne, interrogé et torturé par la Gestapo , Julius va être jugé quand ses geôliers se rendent compte qu’il est juif et que selon la directive «Nuit et Brouillard » du 7 décembre 1941 il peut être déporté sans procès.

Julius Kornweitz est envoyé en 1944 à Mauthausen où il est assassiné.

Leo Gabler et Julius Kornweitz émissaires de Moscou

Les arrestations de 1941 opérées par la Gestapo ont presque détruit les réseaux dans les usines, dans les entreprises municipales de Vienne : réseau de tramway, distribution du gaz, de l’électricité, de l’eau et des travaux publics. Leo Gabler le nouvel émissaire de Moscou était en route vers Vienne. En Janvier 1941, Koplenig , secrétaire général du parti communiste autrichien[1]avait missionné Leo Gabler pour retourner à Vienne prendre en charge la formation idéologique du parti en tant que chef instructeur. Sa tâche a été facilitée par la publication d’une lettre spéciale adressée aux membres du KPÖ par Koplenig, qui a formulé la ligne de propagande pour le Parti. À la fin de février 1941, Gabler quitté Moscou. Au début de mars, il rencontre Julius Kornweitz à Zagreb, où celui-ci l’ informe de la capture de Puschmann qui dirdigeait le parti dans la clandestinité et de ses collaborateurs. Les deux responsables ont convenu qu’ils avaient tous deux désormais mission de reconstruire le réseau Ils décident de créer un mouvement efficace clandestin qui engloberait les adversaires alliés du national-socialisme. Les nouvelles de l’invasion de la Russie soviétique arrivent alors que Gabler est à Maribor, en Slovénie, où il travaillait sur ​​son départ pour Vienne, qu’ il atteint via la Carinthie dans les premiers jours d’Août.  Kornweitz arrive deux semaines plus tard.

Les deux hommes ignoraient que leur propre sécurité était déjà irrémédiablement compromise parce que « Ossi »surnom donné par la Gestapo, au traître qui les renseignait, avait signalé leur présence. Malheureusement, de nombreuses cellules étaient déjà dispersées ou écrasées, et beaucoup d’anciens associés de Gabler étaient compromis.

Leo Gabler et Julius  Kornweitz ont néanmoins organisé un groupe large de militants. Bien qu’ils aient vite découvert que la police les suivaient et soupçonné que « Ossi » était le traître, ils sont restés actifs. Le 20 Octobre1941 , un détachement de la police arrête Leo Gabler à son adresse clandestine. Après plus d’un an de torture et de privations  il est transféré à Mauthausen, condamné à mort et exécuté le 7 Juin 1944.

Julius Kornweitz survécut un peu plus longtemps, vivant en permanence au  bord de la catastrophe.
Arrêté le 25 avril 1942, il est mort à Mauthausen en 1944.

La perte de Leo Gabler et de Julius Kornweitz s’avéra lourde de conséquences pour le KPÖ  restreignant sévèrement les activités du Parti et a réduisant considérablement  sa force organisationnelle.

Photographies de Julius de la Gestapo

Photographies de Julius par la Gestapo 1942

 


[1] http://de.wikipedia.org/wiki/Johann_Koplenig

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  1 comment for “Julius Kornweitz , espion et résistant

  1. Elisabeth Hedrich
    26 novembre 2014 at 0 h 40 min

    Leider beherrsche ich Französisch nicht gut genug, um Ihnen eine Übersetzung zu senden. Bis jetzt wußte ich sehr wenig über J.Kornweitz und siehe da: einfache Webabfrage bringt ir Ihren Artikel.
    Ihr Artikel über Julius Kornweitz interessiert mich insbesondere, weil meine Mutter Erna Hedrich ihm 1941 in St. Peter a.Wechsel (Niederösterreich) ein Quartier beschafft hatte und deshalb vom Nazigericht u.a. zu einer langjährigen Haftstrafe verurteilt wurde. Eine Episode, die sie mir erzählt hat: sie wurde im grünen Heinrich zu einem Verhör geführt und der Wachebeamte sagte ihr: » I gib ihna an Zund, sie wern übern Bobby gfragt ». Unbekannt, wer der mutige wachebeamte war. Und leider kann ich mich nicht erinnern, ob sie wußte, daß Bobby J.K. war.
    Auch interessant: J.K. hat in der Klosterneuburgerstr. gewohnt und meine Mutter geb.1914 in der Jägerstr., keine 100 m entfernt. Trotzdem haben sie sich nicht gekannt und sind ev. sogar in die selbe Schule, Unterberggasse/Karajang. gegangen.

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