La libération d’Auschwitz

photographie Josef Arie Kornweitz

Auschwitz
Aux yeux du monde entier, le camp de concentration et d’extermination nazi allemand d’Auschwitz est le symbole de la Shoah, du génocide et de la terreur. Il a été créé par les Allemands au mois de mai 1940 dans la banlieue de la ville polonaise d’Oświęcim, incorporée par les nazis au IIIe Reich. La ville fut alors rebaptisée sous le nom allemand d’Auschwitz, qui devint également celui du camp, le Konzentrationslager (KL) Auschwitz.
Auschwitz fut le plus grand complexe concentrationnaire crée par les nazis. Les prisonniers étaient soumis au travail forcé dans ses trois camps principaux et l’un des camps fonctionna longtemps comme centre d’extermination. Les trois camps principaux étaient Auschwitz I créé en mai 1940, Auschwitz II (Auschwitz-Birkenau) débuta son activité 1942 et Auschwitz III (Auschwitz-Monowitz) en octobre 1942.
À partir de 1942, le camp, outre sa fonction de camp de concentration, devint le centre d’extermination massive des Juifs d’Europe. Ils y trouvaient la mort en raison de leur seule origine, indépendamment de leur âge, de leur sexe, de leur profession, de leur nationalité ou de leurs opinions politiques. La majorité d’entre eux, jugés inaptes au travail lors de la sélection par les médecins SS : les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants, étaient envoyés à la chambre à gaz dès leur arrivée. Ils ne figuraient pas dans les registres, ils ne recevaient pas de matricule.
À la fin de 1944, les autorités du camp, conscientes de l’imminence de l’offensive de l’Armée Rouge, entreprirent de dissimuler les preuves de leurs crimes. Les documents furent détruits, certaines constructions démontées, d’autres brûlées ou dynamitées. Les 60 000 détenus qui étaient en état de marcher furent évacués du auschwitz
A intervalles réguliers, des trains bondés de Juifs provenant de pratiquement tous les pays d’Europe occupés par ou alliés à l’Allemagne arrivèrent à Auschwitz-Birkenau entre 1942 et la fin de l’été 1944. Le nombre de déportés fut approximativement de 438 000 en Hongrie, 300 000 en Pologne, 69 000 en France, 60 000 aux Pays-Bas, 55 000 en Grèce, 46 000 en Bohême-Moravie, 27 000 en Slovaquie, 25 000 en Belgique, 10 000 en Yougoslavie, 7500 en Italie, 690 en Norvège et 34 000 d’autres pays.
Au total, environ 1,1 million de Juifs furent déportés à Auschwitz ainsi que 200 000 autres personnes dont 140 000 à 150 000 Polonais non-juifs, 23 000 Roms et Sinti (Tsiganes), 25 000 personnes d’autres nationalités (des Soviétiques, des Lithuaniens, des Tchèques, des Français, des Yougoslaves, des Allemands, des Autrichiens et des Italiens) et 15 000 prisonniers de guerre soviétiques.
Les nouveaux arrivants à Auschwitz-Birkenau subissaient une sélection. Le personnel SS jugeait que la majorité d’entre eux était inapte au travail forcé, et les envoyait immédiatement dans des chambres à gaz qui avaient l’apparence de douches afin de tromper les victimes. Les objets personnels des personnes gazées étaient confisqués et triés dans le « Canada » (un entrepôt appelé ainsi par les détenus qui y étaient affectés car le Canada était pour eux synonyme de richesse) avant d’être expédiés en Allemagne.

La libération d’Auschwitz

birkenau
A la mi-janvier 1945, alors que les troupes soviétiques approchaient, les SS commencèrent à évacuer Auschwitz et ses camps secondaires. 60 000 prisonniers furent contraints de marcher vers l’ouest. Des milliers d’autres furent tués dans les camps quelques jours avant le début de ces marches de la mort. Des dizaines de milliers de prisonniers, pour la plupart juifs, furent forcés de marcher 55 kilomètres vers le nord-ouest jusqu’à la ville de Gliwice (Gleiwitz), où ils furent rejoints par des prisonniers des camps secondaires de l’est de la Haute-Silésie.
D’autres furent contraints de marcher vers l’ouest, pendant 63 kilomètres, jusqu’à la ville de Wodzislaw (Loslau) dans la partie occidentale de la Haute Silésie où ils furent rejoints par des prisonniers des camps secondaires du sud d’Auschwitz. Les gardes SS abattaient ceux qui prenaient du retard ou ceux qui étaient épuisés. Lors de ces marches, les prisonniers souffrirent du froid et de la faim, environ 18 000 périrent dont au moins 3 000 sur la route de Gliwice.
A leur arrivée à Gliwice et Wodzislaw, les prisonniers furent placés dans des trains de marchandises non chauffés à destination des camps de concentration allemands, en particulier à Flossenbürg, Sachsenhausen, Gross-Rosen, Buchenwald, Dachau ainsi qu’à Mauthausen en Autriche. Le trajet en train prenait plusieurs jours. Sans nourriture, eau, abri, ni couvertures, de nombreux prisonniers ne survécurent pas au transport.
Fin janvier 1945, les SS et les responsables de la police forcèrent 4 000 prisonniers à évacuer à pied Blechhammer, un camp secondaire d’Auschwitz-Monowitz. Les SS massacrèrent 800 prisonniers environ au cours de la marche vers le camp de concentration de Gross-Rosen. Les responsables SS tuèrent au moins 200 prisonniers épuisés par la maladie ou qui avaient essayé de se cacher. Peu de temps après, 3 000 prisonniers qui avaient été auparavant détenus à Blechhammer, furent transférés de Gross-Rosen vers le camp de concentration de Buchenwald en Allemagne.
Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques entrèrent à Auschwitz, Birkenau et Monowitz et libérèrent environ 7 000 prisonniers dont la plupart étaient malades et mourants. On estime qu’il y eut au minimum 1,3 million de personnes déportées à Auschwitz entre 1940 et 1945, parmi elles, au moins 1,1 million furent tuées.

Au-delà des chiffres et des statistiques, il faut garder à l’esprit que chacune des victimes de la barbarie nazie avait un nom, une histoire et une famille.
De nombreuses initiatives ont vu le jour dans le but de rendre leur identité aux victimes pour ne pas laisser triompher la déshumanisation et le crime mis en œuvre par Auschwitz et par ce qu’il représente.
70 ans après la libération d’Auschwitz, à l’heure où les survivants et les derniers témoins disparaissent, la transmission de l’histoire de la Shoah et des génocides du XX e siècle reste un enjeu majeur de nos sociétés.

 

Cet article a été publié en parallèle sur le site de SOS RACISME 

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