L’Allemand s’appelait Pyjama

Jean Granat nous a fait l’amitié de nous confier ce texte rédigé pour ses enfants et petits-enfants. Nous l’avons édité et annoté.


Je dédie cette histoire, la mienne, qui est d’ailleurs un peu la leur, à mes deux fils  et à mes deux petits fils, mes amours.

Porquerolles, Août 2011.

Cela fait quatre ans que j’ai commencé ce récit et j’espère le terminer cet été.

Arrivé à 79 ans, je me décide enfin à rappeler à ma mémoire quelques souvenirs de mon enfance,  de ma vie alors que mes fils me demandent d’écrire depuis longtemps.

Tradition orale, tradition écrite. Mon frère Marc nous a quittés en 2007, à 84 ans et il était pour  moi notre bibliothèque familiale. Lui n’a jamais voulu écrire ses souvenirs alors c’est peut être à  moi de le faire aujourd’hui. Comme il se dit en Afrique, quand quelqu’un meurt, c’est une bibliothèque qui se ferme, qui s’éteint. Comme chacun, je représente une petite bibliothèque familiale et scientifique qui s’éteindra à jamais si je ne couche pas ici quelques souvenirs pour mes enfants et petits enfants. Je vais essayer de décrire les faits chronologiquement mais ils n’ont pas forcément été portés à ma connaissance dans cet ordre. Il faut bien commercer par là. C’est en 1932, le 8 août, que je suis né, à Paris, dans une clinique du 14 e arrondissement, rue Dareau.

 D’où nous venons

Mes parents Philippe et Rosa GRANAT avaient une maison de campagne au  40 rue des Acacias, à Combs-la-Ville (Seine et Marne), le long de la voie de chemin de fer.

Mon père était chirurgien-dentiste. Il est né le 8 mai 1899 à Yekaterinoslavka (Dniepropetrovsk) en Russie. Comme beaucoup de juifs, ses parents ont fuit la Russie suite aux pogromes du début du 20e siècle et sont arrivés à Paris en 1902 ou 1903.

Mon grand père est arrivé en France avec ses deux frères, Isaac et Volve. A l’immigration, d’après mon père, c’est lui et son père qui ont choisi de conserver le nom d’origine GRANAT, le nom de l’oncle Isaac a été francisé en GRENAT et celui de l’oncle Volve est devenu GRANATE qui est la transcription de la prononciation russe de GRANAT, où le T est prononcé.

La famille GRANAT habitait dans le 12e arrondissement, rue de Cote, près du faubourg Saint-Antoine et de la rue Crozatier.

Mon grand père était un excellent ébéniste et il a fabriqué lui-même une splendide copie du bureau Cressant, du siège et de la bibliothèque, de Versailles, pour mon père, lorsqu’il épousa Anna en 1921.

Souvenirs de famille

Je n’ai jamais connu ma grand-mère Dina. Elle est morte avant ma naissance. Mon grand père Leïb se remit en ménage, ce que mon père Philippe  ne lui pardonna jamais. Ils ne se voyaient presque jamais et de ce fait, j’ai très peu de souvenir de lui.  La famille GRANAT est restée peu liée aux familles GRENAT et GRANATE et les souvenirs sont rares. Les GRANAT se sont beaucoup plus liés à la famille FLIS dont je parlerais plus loin et avec laquelle j’ai passé mon enfance.

Isaac GRENAT a épousé sa nièce, la sœur de mon père qui s’appelait Fanny. Ils eurent beaucoup d’enfants : Bernard, Lazare, Hector dit Totor, Suzanne et Denise. Lazare était surnommé Nonome par Suzanne pour « petit homme ». Denise qui était de mon âge est restée un peu plus proche, les autres, je ne les voyais pas souvent ; Marc était plus proche d’eux.

La famille GRENAT a habité rue Michal dans le 13e arrondissement jusqu’après la guerre.

C’était un grand atelier avec habitation au premier. Ensuite elle est partie vivre à Draveil où Isaac s’était construit une baraque en bois, aux murs intérieurs, à mon souvenir, tapissés de journaux.

Pendant la guerre, après le départ de mon père et de Marc, c’est chez eux dans leur atelier que nous avions rangé notre voiture une C4 Citroën, montée sur des cales.

Après la guerre je suis allé la récupérer avec Marc. Extraordinaire ! Nous avons retiré les cales, regonflé les pneus, mis de l’essence, rechargé la batterie et du premier coup de démarreur elle  est partie.

Philippe Granat dans la C4

Je n’ai pas beaucoup de souvenir de Volve GRANATE ni de sa femme. Ils ont eu trois enfants dont une fille trisomique que l’on enfermait lorsque nous venions leur rendre visite.

Je me souviens des deux autres enfants au travers des cadeaux qu’ils m’ont offerts. Une tirelire en faïence en forme de Nouf-Nouf jouant de la flûte de la part de Fanny qui avait travaillé chez Walt Disney et que j’ai conservé, un modèle réduit d’avion biplan que Robert, qui travaillait dans une usine d’aviation, Bloch Dassault, je crois, avait construit pour moi. Ce modèle réduit a disparu après mon mariage.

Revenons à mon père. Il ne parlait que le russe à quatre ans lorsqu’il arriva à Paris. Il apprit vite le français.  Papa se fit de nombreux amis parmi les habitants du quartier, des catholiques et des immigrés comme lui.

Il fit des études dentaires à l’Ecole odontotechnique, rue Garancière, aujourd’hui Faculté dentaire Paris-Diderot, et fut diplômé en 1923. Je possède toujours tous les papiers officiels.

Pour payer ses études il devait travailler. Tout proche, au 81 rue Crozatier habitait la famille TESLER, émigrée aussi de Russie. Abraham TESLER était vernisseur. Avec son épouse Dora, ils étaient originaires de Miropol près d’Odessa en Ukraine. On raconte que le père d’Abraham était chez les Cosaques. Il avait été enrôlé de force, et ne fut libéré qu’à un âge mûr qui ne lui permit d’avoir qu’un seul enfant : Abraham. Celui de Dora était grainetier.

Abraham et Dora étaient arrivés avec leur fils Henri, né en 1902 en Russie et leur fille aînée Anna. Deux autres filles naîtront à Paris, Rosa en 1906 et Fanny 1907.

Je sais peu de chose de leur enfance, de la façon dont mon père fit la connaissance d’Anna qui fut l’amour de sa vie et qu’il épousa en 1921. De cette union naquit Marc en 1923, le 15 juin.

Duplicata de l'acte de mariage de Philippe Granat et Anna Tesler 1921

Je sais que pour gagner sa vie, papa partait en carriole à chevaux, avec Abraham, vendre des peaux de lapin. Ils allaient souvent à Caen où papa fit la connaissance de Monsieur Blin qui devint un ami.

Sur ce qui suit, la famille a toujours été plus que discrète et j’ai appris plus de choses auprès de mon oncle Henri et de ma tante Fanny que de mes parents ou même de mon frère Marc.

Lorsque papa a épousé Anna, Henri est devenu son beau frère et mon père l’a poussé à abandonner le métier de vernisseur d’Abraham pour faire des études dentaires.

Henri suivit les conseils de papa et devenu dentiste exerça un certain temps avec lui. En 1926 Anna meurt à la suite d’un avortement clandestin, elle contracte une septicémie. Elle souffre plusieurs jours avant de mourir.

C’est un drame pour la famille, Marc a alors 3 ans. Rosa fréquentait alors un jeune homme dont je n’ai jamais connu le nom. Devenue l’aînée des filles de la famille TESLER on l’obligeât à rompre cette relation et à épouser son beau frère Philippe afin de prendre soin de Marc, comme cela se pratiquait, paraît-il, chez les juifs.

Rosa sacrifia sa vie personnelle à cette tâche et considéra Marc comme son propre fils. Marc est toujours resté le fils chéri de Philippe et Henri qui adorait sa sœur Anna fut ce que l’on appellerait le « parrain de cœur » de Marc.

Henri épousa une goy, Elvire Dufètre avec laquelle il eu deux fils.  Ils habitaient au 61, avenue des Gobelins, on les voyait peu. Ils jouaient les grands sportifs, pratiquant le canoë et le ski. Fanny épousa un juif roumain de Vaslui , Alfred FLIS [2]qui avait deux sœurs, Dora et Paulette.

Alfred, que nous appelions Fred fabriquait et vendait des horloges, les carillons Westminster. Il habitait boulevard Pershing, au fond d’une cour, au premier étage et je me souviens de l’appartement où je suis allé de nombreuses fois voir ma tante Fanny et mes trois cousines Sonia, Jeannine et Françoise. [3]

Les parents FLIS habitaient le même immeuble mais un appartement au premier étage à droite sous le porche d’entrée. Paulette épousa « Moni » Salomon Blanc, qui vendait des affaires de sport avenue de la Grande Armée et était très mélomane. Le rêve de Moni était de faire de son fils Serge un violoniste au moins aussi grand que Menuhin et de sa fille Perly une pianiste. Serge est violoniste et dirigeait un petit orchestre lyrique classique. Perly, je l’ai perdue de vue depuis plus de 50 ans.

Dora épousa David Saïm qui était très ami avec mon père. Leur fille Renée, que nous appelions Néné, à épousé Jacques Bialoko qui aimait se prendre pour un crooner. Ils habitaient rue Oberkampf et étaient plus proches de Marc que de moi.


Paris avant la guerre

Mon père avait un cabinet dentaire au 81 rue Crozatier, au 2eme étage, juste au dessous des grands parents TESLER. Oui, je me souviens du cabinet de mon père et de l’appartement de mes grands parents.

Nous habitions rue de Chaligny, non loin de la place de Rambouillet ou mon père rangeait sa voiture dans un garage. Je revois notre appartement, la salle à manger décoration 1930. Il faut dire qu’à cette époque l’exercice de l’art dentaire était libre, la publicité permise ainsi que l’exercice d’autres professions parallèles ; mon père avait fondé avec son ami Jouraff la société de fabrique de meubles contemporains Armo (art moderne). Ils ont fait faillite.

Rosa Tesler-Granat

Ma mère engagea une jeune bonne à tout faire, Elise Vasseur qui dormait dans un réduit. Elle venait d’Evry les châteaux, une ferme nommée « les ruisseaux » entre Lieusaint et Combs-la-Ville. Marc se moquait d’elle et l’appelait « la patronne qui pue ». Il avait 11 ans. Je me revois encore aller chercher la voiture avec papa bien que je n’avais que 4 ans. Papa installa un second cabinet dentaire place de la Nation, au numéro 13, je pense bien avant ma naissance. Il put acquérir l’appartement juste à côté, sur le même palier et nous sommes venus y habiter en 1935/1936, abandonnant la rue de Chaligny.

Elise, nous suivit place de la Nation et récupéra un réduit avec une petite fenêtre. Elle vit toujours, s’est mariée.

Je me revois campant avec ma mère dans l’un des deux cabinets de la Nation avant que l’appartement soit parfaitement installé.

Maman avait une amie d’enfance, Adèle Schweitz qui avait épousé Simon Hertzberg. Les parents d’Adèle tenaient une épicerie juive, rue de la forge royale, près du faubourg Saint-Antoine.

Simon tenait une boulangerie avec un associé et Adèle l’épicerie attenante, rue de L’Orillon à Belleville. Nous allions souvent les voir ainsi que leurs deux filles Myriam, qui devint Malou, plus tard, cela faisait moins juif, et Liliane.

Malou était un peu plus jeune que Marc et Liliane un peu plus jeune que moi. La famille Hertzberg était peu respectueuse des traditions juives. A la maison papa, maman et Marc faisaient les fêtes traditionnelles de Kippour et de Pâques mais moi, j’étais tenu à l’écart quand j’étais enfant et mangeais dans la cuisine.

L’appartement n’était pas très bien agencé, petit mais on a fait avec. Mon père s’étant réservé un « bureau » dans lequel tout le mobilier fabriqué par son père occupait beaucoup de place. J’ai habité cet appartement de 1936 à 1955, année de mon mariage. Nous l’avons vendu après le décès de papa en 1983. Maman nous a quittés en 1980.

J’en ai donc un souvenir au centimètre près. Il a été rempli de mes souvenirs et de mes études. Les enfants l’on bien connu, je peux en refaire le plan.

1934-1935, manifestations, mes premiers souvenirs dans cet appartement. Je me revois regardant par la fenêtre, les défilés criant des slogans contre Laroque, « aux chiottes Laroque ».

1936, congés payés, Front Populaire, nous passons nos vacances avec les FLIS. Un flash : je suis dans le train vers la côte d’Azur, puis Menton où on achète un costume de mentonnière pour la petite Françoise.

Un autre souvenir, au Sables d’Olonnes. Je revois les bateaux de pêcheurs ramenant des sardines, je revois David, Dora et Renée, Marc et maman à mes côtés.

Sonia & Jeannine FLIS avec Jean GRANAT

 

1939 la déclaration de la guerre.

Nous sommes à Combs-la-Ville et papa qui s’adonnait à la peinture est allé peindre sur les rives de l’Yerres, qui coulait en bas de notre jardin, peut être au moulin de Jarcy. Je le vois revenir et lui annonçant que la guerre avait été déclarée. Partout on collait des affiches d’ordre de mobilisation. L’heure était grave, maman se mit a pleurer. Jusque là j’avais eu une enfance heureuse, paisible et tout d’un coup, tout allait changer.

Née à Paris, ma mère était française. Papa avait obtenu en avril 1938 sa naturalisation française avec celle de Marc né de père et mère russes. Mes grands parents TESLER avaient un stand dans l’ancien magasin Pygmalion à l’angle du boulevard Sébastopol et de la rue de Rivoli. Ma mère et ma tante Fanny allaient les aider et nous y allions de temps en temps. Elles vendaient des sacs et des vêtements pour dame.

Mobilisation, mon père fraîchement naturalisé se retrouve soldat de seconde classe dans le cinquième génie, lui dentiste depuis 16 ans n’était pas dans le service de santé. Je le revois avec son costume bleu horizon et ses bandes molletières.

Avant guerre, lorsque mon père recevait des amis, je dis bien mon père car ma mère n’avait rien à dire, je devais manger à la cuisine avec Elise qui devenait ma complice. A partir de ce moment maman est devenue une femme toujours en mouvement, d’action et de décision.

Elle fit des pieds et des mains à la caserne Mortier pour que papa rejoigne le corps de santé et y parvint : papa revint en habit de dentiste auxiliaire, uniforme d’officier avec képi, insignes de dentiste, pantalon avec bandes latérales verticales. Il était dans la 22e SIM, section d’infirmier militaire. Il y rencontra un jeune dentiste, Roger Hakim, qui devint un ami, avec lequel il fît « la drôle de guerre ». On nous distribue des masques à gaz, car on avait peur que les Allemands envoient des gaz toxiques. Il y avait des alertes. II fallait se protéger des bombardements et descendre dans les caves.

Ma mère passa son permis de conduire, pour pouvoir utiliser la C4 de papa mais elle n’avait aucune expérience. Je la revois tendant son permis avec fierté : « je l’ai ! ».

C’est à partir de là, du début de l’exode que je me souviens de tout ou presque. Une autre vie commence pour moi. J’avais sept ans et demi.

Les bombardements allemands augmentant, il fallait partir. Je nous revois dire au revoir aux grands- parents à Pygmalion, ma mère et ma tante les suppliants de fermer la boutique et de partir. Mon oncle Fred aussi était mobilisé.

Elise, notre bonne est partie avec nous, de toute la guerre, elle ne nous a jamais quitté et à voulu partager notre sort plutôt que de retourner dans sa ferme familiale. Nous sommes donc partis de Paris, ma mère au volant de la C4, Marc qui lui savait bien conduire à ses côtés sur le siège passager,  il avait 17 ans. Sur l’autre siège avant, ma tante Fanny et à l’arrière, nous étions Sonia, Jeannine, Françoise et moi entassés autour d’Elise.

Nous roulions au pas parmi la queue de voitures quittant Paris avec la peur au ventre d’être bombardés. Je me souviens que des avions nous survolaient et lâchaient quelques bombes qui heureusement n’atteignaient pas toujours les routes. Ils descendaient aussi mitrailler ces gens, nous, qui les fuyaient. Les routes étaient remplies de gens marchant à pieds, en vélo, en voiture avec des voitures à chevaux, poussant des charrettes. Nous sommes arrivés au Lude dans la Sarthe, près du Mans, dans une grande maison avec une cours où ma mère a garé la voiture.

Nous nous sommes installés. Nous allions, mes cousines et moi, fouiner dans les combles, je me souviens de tas de carnets de toutes tailles, certains écrits, d’autre vierges.

Ma mère mît Marc au collège à Sillé le Guillaume. Nous avons logé des soldats belges qui fuyaient l’avancée des Allemands. Mon oncle Henri, Elvire et les cousins étaient réfugiés dans une ferme à la Godefrairie à quelques kilomètres. Mes cousins avaient un vélo qui traînait dans la cour sur les tas de fumier. J’empruntais ce vélo et tombais, le frein me blessât à la gorge dans la bouche.

Horreur, je risquais le tétanos. Je me revois sur un canapé, dans notre maison au Lude, ma mère près de moi ne me quittant pas. Le médecin avait recommandé de me surveiller après m’avoir vacciné. Ma mère m’a lu, pour m’occuper et me rassurer la vie de Pasteur, l’histoire de la vaccination, j’ai conservé ce livre que j’ai donné à mon petit fils Louis et je n’ai pas eu le tétanos !

A la Godefrairie, maman retrouva son amie d’enfance, Adèle Hertzberg et ses deux filles Malou et Liliane. C’est là que Marc s’est rapproché de Malou. Je ne me souviens pas de Simon le mari d’Adèle qui lui n’était pas mobilisé.

Les Allemands avançaient et nous voyions des soldats français et belges qui se repliaient vers le sud.

A huit ans on a peur de mourir, de perdre sa maman et de rester seul perdu. Et papa où était-il ? Mort? Vivant ou prisonnier ? Nous sommes repartis vers le sud ouest, il fallait à nouveau fuir. Nous sommes allés à Sillé le Guillaume récupérer Marc et prendre immédiatement la route. Je revois le lycée collège en haut d’un pic, la voiture chargée, bouteille de Butagaz sur le pare-choc et matelas sur le toit.

Marc s’installa au volant, direction sud ouest. Nous avons traversé un pont à Château-la-Vallière (Indre et Loire)  juste avant que les troupes françaises ne le fassent sauter pour ralentir l’avancée des Allemands. Papa de son coté rejoignait Biarritz.


La défaite

Nous voici installés au bord de la mer à Saint-Palais, villa Magdala ou étaient réfugiés Henri, Elvire, mes cousins A.et G. ) ainsi que de leurs nombreux amis. C’était une grande maison avec des bâtiments annexes. Henri avait une maison de campagne au Lys Chantilly, mitoyenne avec celle de Simon. Ainsi, je me souviens qu’Adèle, Myriam et Liliane étaient avec eux avec Rachel (Renée) Ball, la sœur d’Adèle et son fils Samy (Samuel) devenu Roger.

On apprit que les soldats en défaite étaient sur la place du village, on y a retrouvé l’oncle Alfred. Il était vivant ! Mais il a du repartir et nous quitter.

Dans cette grande maison pleine d’enfants il fallait trouver des occupations, Marc (le grand) monta une troupe de théâtre, il était doué, il nous fit jouer une pièce : le voleur du Maharadjah. Les jours passaient et les Allemands avançaient, l’armistice n’était pas encore signé.

Il faisait très beau, les terrasses étaient interdites aux enfants, elles étaient réservées à tante Elvire qui prenait des bains de soleil en nu intégral ! Les Allemands arrivèrent. Je revois les deux officiers allemands sur le perron de la villa. J’étais juste à côté d’eux. Ils m’offrirent, ainsi qu’à mes cousins et cousines du chocolat mais il était formellement interdit de leur parler et de le manger il pouvait être empoisonné, nous disait-on.

Les officiers profitant de la vue du bord de mer, sortirent leurs jumelles et scrutèrent au loin sur la mer. Spectacle inoubliable.

Les Allemands occupaient des villas justes à côté de la nôtre. Je les revois nettoyer leurs voitures amphibies, les laver, effectuer des manœuvres. C’était l’armée de terre.

Un Allemand passait son temps à jouer du piano, du jazz. Marc jouait du piano à merveille, on m’a raconté d’ailleurs que tout petit, il avait joué la Marseillaise et un patient de papa qui attendait dans le salon tout proche s’était levé et mis au garde à vous !

A l’époque, Marc improvisait du jazz américain mais papa voulait qu’il interprète du classique. Il aimait les concertos de Beethoven, Paganini et la symphonie espagnole de Lalo qu’il passait à ses invités sur le tourne disque électrique.

L’officier pianiste était toujours en pyjama et naturellement « Pyjama » devint son nom auprès des enfants. Un jour, nous avons cherché Marc dans tous les coins de la maison, il était allé jouer du piano avec Pyjama !

Je me souviens d’une autre anecdote, nous nous trouvions sur la place du village, des soldats allemands, ce devait être des marins nous disant : « demain – Angleterre – Boum Boum – Nous glou glou glou »…

Juin 1940, ce fut l’armistice

Le Maréchal Pétain l’avait décidé ainsi. Les Allemands avaient gagné. On pensait que c’était la paix mais ça n’a pas duré longtemps. Papa et Fred sont démobilisés. Nous regagnons Paris et notre appartement de la place de la Nation et les FLIS leur appartement qu’ils avaient depuis quelques années au 44 avenue des Ternes, beau quartier, dans le XVIIe arrondissement.

La France a été coupée en deux. La Loire était la séparation. Au nord les Allemands occupaient et dirigeaient, au Sud c’était le Maréchal Pétain qui dirigeait la France dite libre, mais avec l’accord des Allemands.

La vie reprend son rythme d’avant guerre, papa partage son temps entre son cabinet de la Nation et celui de la rue Crozatier. Moi je vais à l’école communale avenue de Bouvines et Marc au Lycée Charlemagne. Nous savions, je savais qu’un général était parti à Londres pour continuer la lutte et organiser la libération de la France, le général de Gaulle. Je me souviens de tout ou presque.  Marc et moi nous partagions le même lit, mais lui, c’était le grand et moi le « gosse », neuf ans d’écart.

Papa a toujours vécu à la française. II respectait les religions de tout le monde mais ne pratiquait pas en dehors des quelques grandes fêtes traditionnelles. C’était un défenseur de la laïcité, de l’école.

Mais très vite, au nom de la collaboration avec les Allemands, des lois racistes sont votées comme celle d’octobre 1940 qui interdit de nombreux métiers aux Juifs. En juillet 1941, une loi portant « Statut des Juifs » aggrave les restrictions concernant les Juifs et ordonne un recensement national des « Israélites ». C’est à cette période que j’ai appris que j’étais juif comme papa et maman et qu’il y avait des religions car je n’avais eu aucune culture religieuse. Il a fallu se déclarer au commissariat comme étant juif. Maman ne voulait pas mais mon père a pensé qu’il valait mieux se plier aux ordres des Allemands. Je me souviens de l’arrestation des communistes, papa disant au revoir à l’un de ses amis par la fenêtre, et papa nous a dit: « on ne le reverra jamais ». A cette époque, ma mère a dû coudre l’étoile jaune sur des vêtements mais a refusé de les coudre sur nos vêtements de tous les jours. Ainsi je n’ai jamais porté l’étoile.

Des cafés marquaient sur leurs vitres : les juifs comme les chiens ne sont pas admis dans ce café ! Je me souviens que dans mon école laïque des petits camarades portaient l’étoile et très vite d’autres enfants se sont mis à les traiter de sales juifs, de mort aux juifs. Des Français hélas étaient contre les juifs mais d’autres les défendaient au péril de leur vie, on les appelle maintenant des « justes ». J’étais apeuré, je ne voulais plus aller à l’école car je savais que j’aurais dû porter l’étoile et j’avais peur que l’on m’attaque. Et puis l’antisémitisme grandit et les Allemands se sont mis à arrêter les juifs, les hommes seulement.

En période estivale nous étions à Combs – la -Ville. Marc nous faisait jouer aux gendarmes et aux voleurs. Il faisait deux groupes, genre cache-cache. Le jardin nous semblait immense, les endroits couverts de branches nous faisaient peur, comme certaines parties du sous-sol de la maison ou nous n’allions jamais. On avait peur. Un étroit cellier, au plus profond du sous-sol, avait été transformé par Fred en abri.

Dans un petit salon au rez-de-chaussée nos masques à gaz étaient suspendus avec nos noms respectifs.  Au début de la guerre, Papa, Fred et David avaient écrit au crayon derrière le carillon installé par Fred à la maison, chacun une date de fin de la guerre. Aucun n’a gagné, elle fut plus longue qu’ils ne le pensaient !

1941. Les allemands sont à Paris, et dans toute la zone occupée, au Nord de la Loire et de l’Allier. Au Sud c’est la zone libre dirigée par le Maréchal Pétain.

A Paris on vendait des cartes postales à l’effigie du Maréchal pour soutenir la France et les prisonniers disait-on ! Il y avait eu la chasse aux juifs en Pologne, en Allemagne, maintenant les allemands lançaient la campagne anti-juive à Paris et en zone occupée.

Mais cela a été écrit des centaines de fois. C’était la fin du mois d’août 1941, le 20 je crois, un lundi, ils ont ramassé tous les juifs du 11ème arrondissement, là on nous habitions. Ils les ont regroupés dans des tours à Drancy, [4]prés de Paris et les ont déportés en Allemagne. On sait ce qu’ils sont devenus. Nous étions à Combs-la-Ville en week-end avec les Saïm et papa et maman devaient rentrer à Paris, papa avait des rendez-vous, mais il ne souhaitait rentrer que le lundi matin. David voulait rentrer à Paris le dimanche soir et je revois mon père lui dire « reste donc avec nous pour la soirée, tu n’es pas pressé, nous rentrerons tous ensemble demain matin ». Mais non, il a décidé de prendre le train et de regagner Paris.

Le lundi matin, papa et maman sont allés prendre le train pour Paris. Marc et moi restions à Combs- la -Ville avec Elise. Nous apprenons dans la matinée que tous les juifs du 11e ont été arrêtés et envoyés à Drancy. Des voisins passant devant la maison nous ont dit : « Mes pauvres enfants, vous ne reverrez jamais vos parents ». C’était des gens de gauche qui savaient que les Allemands n’étaient pas les sauveurs pas plus que le Maréchal Pétain ! Il y avait déjà le téléphone à Combs-la-Ville mais il resta muet, aucune nouvelle de nos parents. Nous attendons dans une angoisse folle et enfin, dans la soirée nous recevons un bref coup de téléphone de maman « rassurez-vous nous allons bien, nous rentrons demain ». Quel soulagement !

Le lendemain les parents sont revenus et nous ont tout raconté. Les hommes juifs du 11e ont été arrêtés. David a été pris, Simon le mari d’Adèle également. Simon et Adèle tenaient une boulangerie / charcuterie juive rue de L’Orillon, près de Belleville.

Papa nous a raconté qu’en arrivant gare de Lyon, ils eurent la surprise de voir notre voisine du dessous de la place de la Nation, Nelly Hillel, les attendant en chemise de nuit et robe de chambre, pour leur dire : « sauvez vous, fuyez, deux Allemands, deux Feldgendarm, montent la garde devant la porte. Ils vous attendent pour vous arrêter ».

Comme l’avait exigé les Allemands, nous nous étions déclarés auprès des autorités comme juifs. Léon Hillel, le mari de Nelly, juif turc n’avait pas été inquiété car la Turquie n’était pas en guerre. Papa et Maman s’enfuirent à pied et sont allés chez des amis, les Klein, catholiques pratiquants, qui habitaient avenue Bosquet dans le 7 e arrondissement. La rafle contre les juifs ne concernait que le 11e arrondissement.

Lui avait habité rue de Cotte et avait une boutique d’antiquaire décorateur avenue du président Wilson. Jacques a caché nos parents toute la journée, en attendant des nouvelles.

Nous n’avons jamais revu David. Quel dommage qu’il n’ait pas écouté papa et ai voulu rentrer le dimanche soir. Simon arrêté a été envoyé à Drancy. Adèle, sa femme n’eu de cesse de le faire sortir et y parvint grâce à des gendarmes français, des justes. Sitôt libéré, Simon partira pour la zone libre, pour Grenoble. Malou le rejoint peu de temps après.

Le mardi matin, papa et maman revenus à Combs- la- Ville il n’était plus question pour nous de regagner notre appartement de la place de la Nation.

Maman prit les choses en main et fit faire de fausses cartes d’identité, sur lesquelles il n’y aurait plus tamponné « juif » pour papa et Marc qui avait 18 ans. Il leur fallait partir en zone libre. Je ne me souviens plus de tous les détails mais je revois mes parents mettre sur pieds le départ en zone libre avec un jeune écrivain, Michel Rochevarger et sa femme Sarah qui nous avait rejoints à Combs- la- Ville où, pour ma part je devais rester sous la surveillance d’Elise.

Michel était l’auteur du livre « la rue Ballu » et je me souviens que nous appelions Sarah « Loulou » !

Le passage se faisait à Civray dans la Sarthe. Il fallait y traverser le Cher. Un cultivateur avait un champ coupé par la rivière, d’un coté : zone occupée, de l’autre : zone libre. Voila donc les Rochevarger, papa, Marc et maman partis pour Civray. Il est convenu que maman les accompagne puis remonterait ensuite à Combs- la-Ville.

A Civray, les Allemands avaient appris l’existence du passage clandestin à travers champs et avaient placardé des affiches disant que toute personne prise à faire passer quelqu’un en zone libre serait fusillée sur le champ.

Le paysan expliqua à mes parents qu’il voulait bien mourir, mais pas fusillé sur son propre champ dont il avait hérité de ses parents et grands parents ! On leur indiqua d’autres moyens de passage. Ils prirent des vélos et les voila partis sur la route.

Dépêchez-vous, c’est le moment, les Allemands sont partis leur indique un fermier, vous prenez à gauche, puis à droite, puis à nouveau à gauche.

Marc, le plus jeune du groupe, part en avant, pédalant à toute allure, et arrive à la frontière, le passage officiel. Le drapeau allemand flotte de son côté, et de l’autre le drapeau français ! Il prend son vélo sur le dos, passe dans le fossé pour contourner la barrière allemande, la barrière s’ouvre du coté français, et le voila en zone libre !

Mais pas de papa, pas de Loulou et pas de Michel. Marc se fait rouvrir les barrières et retourne en zone occupée. Il les retrouve. Michel a confondu sa gauche et sa droite !

Finalement ils parviennent à passer. Mais arrivés en zone libre sans laissez passer ! Ce sont des espions ! On les met en prison. Le lendemain après de longues explications, tout s’arrange : ils sont vivants, libres et en zone libre sous l’autorité de Vichy, mais avec la milice qui collaborait consciencieusement avec l’ennemi ! Il y avait eu l’appel du 18 juin 1940, la lutte continuait, mais pas pour tout le monde !

Pendant que papa, Marc et les Rochevarger sont sur la route pour Lyon, maman, Elise et moi quittons Combs-la -Ville pour rejoindre Paris.

Paris pendant l’occupation

Maman découd l’étoile de nos vêtements. Il faut vivre. Elle décida de trouver un remplaçant pour le cabinet dentaire. Roger Hakim, dentiste avec qui papa s’était lié au début de la guerre était juif, mais il habitait le 9ème arrondissement et n’était pas inquiété, il vint donc travailler à la Nation. J’allais à pieds avec Elise, de temps en temps, voir si tout allait bien dans l’autre cabinet rue Crozatier.

Je vois encore les boutiques et un grand magasin Julien Damoy, juste à l’angle de la rue Crozatier et Faubourg Saint Antoine, où j’avais l’habitude de boire une tasse de Viandox ! Lorsque j’étais malade, je restais au lit et faisait des découpages. J’avais un train mécanique Hornby, que j’ai toujours et que j’ai rénové.

Pour Noël 1941, maman me mit quelques jouets devant la cheminée de ma chambre, et je reçus un grand wagon de la part de Marc et de papa. Je l’ai toujours dans mon garage à Paris, mais il a perdu ses roues !

L’hiver fut rude et il glaçait. Nous devions enfiler des bas sur les souliers pour ne pas glisser. Avec les FLIS, nous étions allés voir le lac du Bois de Boulogne complètement gelé. Les FLIS étaient chez eux et Fred travaillait un peu en vendant ses montres et ses carillons Westminster.

Le temps passait et la chasse aux juifs s’amplifiait.

Je me souviens de l’énorme affiche qui recouvrait toute la façade du théâtre de l’Empire avenue de Wagram, avec la caricature d’un juif en vorace ou en rapace « Le Juif Süss», film de propagande nazie. Tout près, place Wagram chez Dupont était affiché en énorme, « les juifs comme les chiens ne sont pas admis ». Place de la Bastille c’était pareil.

Dans notre maison à Combs- la -Ville, nous avions hébergé les grands parents FLIS, Dora, Renée et les Blanc. Les FLIS avaient loué une autre maison, rue du bois breton, où habitaient mes grands parents TESLER. Cette maison avait un jardin mitoyen avec celui de la mairie, sur laquelle flottait le drapeau nazi !

Henri était à Lyon lui aussi, comme papa et Marc. Elvire habitait un appartement square D’Urfé dans le 16eme arrondissement. J’y suis allé une fois. Le sfils d’Henry étaient pensionnaires à Sainte Barbe, rue Valette, près du Panthéon.

A. était terrible, je le revois en pantalon de golf, c’était la mode, maman était allé les chercher pour passer le jeudi avec nous. A.lui offrit des tickets d’alimentation qu’il chipait à sainte Barbe, en démontant la face arrière du meuble où le directeur les cachait ! On était rationné et un marché noir des tickets d’alimentation existait.

A. s’amusait beaucoup à nous faire sursauter sans cesse en installant des bandes d’amorce sur les portes de l’appartement. A.jetait des boules puantes, sans arrêt… au cinéma, qui se trouvait juste à côté de chez nous, avenue de Taillebourg, dans le train pour Combs-la-Ville où nous les emmenions dire bonjour aux FLIS ou à leurs grands parents TESLER. Avec Elise, qui nous surveillait, nous en étions malades, c’était l’horreur !

Maman et moi sommes devenus très proches de Léon et Nelly Hillel. Nous n’avons jamais oubliés qu’elle avait sauvé mes parents en courant les avertir à la gare de Lyon de la présence des Allemands. Nous resterons toujours très liés même après la guerre.  Après mes devoirs, en attendant que papa termine ses malades, je descendais discuter avec Léon. On choisissait un objet, une chaise par exemple, et en discutions pendant des heures !!

Maman tapait avec son balai et je remontais.

Un jour, les Allemands étaient allés chez Roger Hakim pour le ramasser et il s’était sauvé par la fenêtre de son domicile. En même temps ils étaient venus chez nous pour voir s’il était là. Évidemment il n’y était pas et maman et Elise se faisaient du souci. Elise prit avec sang froid la situation en main et leur répondit qu’il n’y avait personne. Quand Roger téléphona au cabinet pour dire qu’il ne viendrait pas, Elise le reconnut et sans lui laisser le temps de parler lui dit

« C’est toi chéri ? Non, je ne peux pas te voir ni te parler, je ne suis pas seule ». Roger comprit que les Allemands étaient là aussi et quitta Paris pour la zone libre.

Maman ferma le cabinet, des arrestations d’enfants avaient eu lieu et il fallait partir. Des soldats Allemands et des miliciens français sont venus pour arrêter Alfred. Heureusement, les Allemands purent être achetés avec des montres en or malgré les réticences de la milice.

Les FLIS partirent alors définitivement pour Combs-la-Ville. En décembre 1941, une autre cousine FLIS, Danielle, agrandit la famille.

Un refuge pour les Juifs

Combs-la-Ville, en banlieue parisienne était devenue un refuge pour juifs. Le secrétaire de mairie, Monsieur Parent, habitait à Quincy, la commune voisine. La voie de chemin de fer séparait sa maison de la nôtre. Il était invalide de la Guerre de 14-18, paralysé d’une jambe.

Il se rendait à la mairie en petite voiture actionnée avec un manche qu’il poussait d’avant en arrière. Les allemands le questionnèrent sur la présence de juifs à Combs-La-Ville, et il jura, même sous la menace d’être exécuté, qu’il n’y avait aucun juif à sa connaissance dans cette ville.

Jusqu’à fin 1943, début 1944, il n’y eut pas de chasse aux juifs à Combs-La-Ville.

On avait beau crier « chut !!! », mes grands-parents TESLER se disputaient en Yiddish dans le jardin, chez Fred, malgré le drapeau allemand qui flottait à 30 mètres de là ! Cependant maman avait décidé que nous devions partir.

 La suite 1943-1944 Lyon-Grenoble- Paris 


1 Docteur en chirurgie dentaire, Docteur en sciences odontologiques, ancien chargé de cours aux facultés de Paris 5, Paris 6 et Paris 7, ancien attaché en premier à l’hôpital Robert Debré Chercheur associé au CNRS UMR 5198 et USM 103, Médaille d’argent de la Ville de Paris, Diplômé d’anthropologie

[2] Père de Sonia FLIS-Rykiel

[3] Sur les sœur FLIS lire

[4] Le 20 août 1941 la police parisienne cerne le XIe arrondissement et arrête 2 894 Juifs. Pendant les trois jours suivants, des rafles sont effectuées dans les autres quartiers de Paris et le bilan s’élève à 4 232 Juifs arrêtés, dont environ 1 500 français. Ils sont tous internés au Camp de Drancy, ouvert le 20 août. Ils sont rejoints par 52 membres du barreau de Paris, arrêtés à leur domicile.























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