Le secours Mennonite à Lyon

Moins connu que l’ American Friend Service Committee  l’organisation de secours Quakers, l’Unitarian Service Committee  des Unitariens , le YMCA au Chambon sur Lignon ou le Secours Suisse ; le Secours Mennonite Américain fut présent en France et s’employa par divers moyens  à aider les enfants juifs en collaboration avec les autres œuvres religieuses chrétiennes et juives.

L’œuvre la plus connue du Secours Mennonite aux enfants est l’établissement d’une maison d’enfants  au Canet-Plage  dans les Pyrénées Orientales où séjournèrent des enfants espagnols et juifs sortis des camps de Rivesaltes principalement.

Villa St. Christophe Canet-Plage

Cette maison, située en bord de mer  était dirigée par Loïs Gunden, une jeune enseignante de vingt-six ans arrivée des Etats-Unis en octobre 1941.  Loïs tenait un journal [1]où elle nota scrupuleusement ses rencontres et son activité quotidienne à compter du 19 août 1941

Loïs participe aux préparatifs de départs avec Joseph Byler[2], elle se fait vacciner contre la diphtérie début septembre, part à New York et embarque le quatre octobre à destination de Lisbonne où elle débarque le 14 octobre. Elle reste une quinzaine de jours dans les Pyrénées Orientales, rencontre ses homologues des autres organisations chrétiennes : Tracy Strong, Mme Kerchner, Mary Elmes.

Le 20 octobre elle prend un billet de train et la semaine suivante rencontre à Lyon les autres acteurs du secours lyonnais.

Le Secours Mennonite aux enfants était dirigé à Lyon par Henry Buller, arrivé le 25 février 1941 [3] il installe ses bureaux au 27 rue Sala dans le 2e arrondissement chez Mme Cotton. Henry Buller  déclare aux autorités s’occuper de distribution alimentaire dans les écoles avec les Quakers.

Le 3 septembre 1941 Joseph N. Byler est nommé directeur des opérations de secours en France, il arrive à Lyon le 25 octobre après avoir visité les centres de Cerbère, Banyuls, la maison du Canet-Plage et le centre de Marseille.

Nous apprendrons par Loïs Gunden que les Mennonites ouvrent une maison d’enfants  rue Tourvielle dans le 5e arrondissement de Lyon.

Joseph  Byler précise dans son rapport de décembre 1942 qu’il s’agit d’une colonie de garçons dont le bâtiment appartient à la ville de Lyon et était utilisé en centre de recherche médical. La ville n’a pas les fonds pour réhabiliter la colonie mais verse 20 francs par jour par enfants. Le terrain de la colonie est cultivé en potager  et les pensionnaires et personnels produisent leurs fruits, il y a aussi des lapins et des poulets  et même des vaches.  La capacité d’accueil de la colonie de Tourvielle  est de 120 enfants.

Joseph Byler est témoin des rafles d’août 1942 et dans son journal rapporte pour la période de début septembre que les mennonites participent aux nombreuses réunions visant à placer les enfants  dont les parents viennent d’être déportés[4].

Le quatre septembre Byler note que des parents juifs essaient de leur confier leurs enfants pour les faire passer en Suisse, il est attristé mais ne peut rien faire ,et oublie son cours de français chez Berlitz.

Le lundi sept septembre il note la visite de mères échappées de Rivesaltes qui souhaitent que le Secours Mennonite intervienne pour acheminer leurs enfants pensionnaires à la colonie Quaker de Vernet-les-Bains. Byler écoute radio Londres depuis l’Hôtel le Claridge.

Le huit il reçoit encore des familles.

Dans le journal de Loïs qui mériterait d’être traduit  il est essentiellement question de la vie quotidienne au Canet-Plage et de ses relations avec les autres organismes de secours dans le département.

Lorsque Loïs se retrouve à Lyon en novembre 1942 le journal n’est plus tenu. Loïs est arrêtée et envoyée à Baden-Baden dans un camp d’où elle sera libérée par les Américains. Joseph Byler et Loïs Gunden continuent leurs actions de secours dans le monde pour l’Eglise Mennonite après la guerre.

Il faudrait retrouver les familles aidées par cette oeuvre car aucune liste n’a été publiée à ce jour.

 

 



[1] Archives Mennonites Hist Mss. 1-926  Lois Gunden Clemens (1915-2005)

[2] Archives Mennonites Minutes Aug_Dec 1942 IX-5-1

[3] AD69 829W380

[4] Archives Mennonites 1-354. Entrée du journal de Joseph Byler 2 septembre 1942.























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  21 comments for “Le secours Mennonite à Lyon

  1. faya-debeaune
    24 mai 2013 at 10 h 23 min

    Merci de me confirmer si FAYA ANTONIO, FAYA JOSEPHINE et FAYA JULIEN figurent sur cette liste. Ils auraient été dans ce camp en provenance de Rivesaltes à compter du 27 Juillet 1942 sous le Numéro 4006.
    Merci infiniment de me répondre

    • Simonne Chiroleu Escudier
      15 juillet 2013 at 12 h 33 min

      J’ai répondu à la question le jour même : »Réponse à Faya-debeaune.
      Bonjour,
      Effectivement,nous retrouvons dans nos listes Faya-Blasquez Antonio, Josefina, Julien à la maison St Christophe du 1er août au 17 septembre 1942. Pour plus de renseignements voir le livre »

  2. Ronald Friend
    21 avril 2013 at 22 h 23 min

    I (ne Rene Marcel Freund) was just about 3 when my family was interned in Rivesaltes in September, 1942. Mary Elmes took my brother, Michael and I out of Rivesaltes, first to Vernet Les Bains (Sept.26, 1942) and then to Hospital St. Louis. We departed Hospital St. Louis on Nov. 14, 1942 but do not know wheretoafterwards. It is possible that we stayed at the Villa. I have nominated Mary Elemes for the Righteous Among Nations.

    I would be very interested to know if 1) there is evidence that we stayed at anytime at Villa St. Christophe? 2) if you have names of other children who were rescued by Mary Elmes that I can submit to Yad Vashem.

    Thank you very much,

    Ronald Friend, PhD,
    Emeritus Professor of Psychology
    State University of New York, at Stony Brook

  3. Simonne Chiroleu-Escudier
    13 février 2013 at 14 h 31 min

    Le journal de Lois Gunden vint d’être traduit par nos soins et va figurer dans un ouvrage « Le secours mennonite américain à Canet-Plage – Villa Saint Christophe maison de convalescence pour enfants des camps d’internement 1941/43″ , qui doit paraître début mois d’avril 2013

    • Jewishtraces
      13 février 2013 at 15 h 13 min

      Excellente nouvelle, pouvez-vous nous indiquer la maison d’édition ?

      • Simonne Chiroleu-Escudier
        24 février 2013 at 9 h 48 min

        La maison d’édition : Alliance Editions à Saint-Estève dans les Pyrénées Orientales.
        Ce livre va révéler à la population de Canet en Roussillon et du département tout entier l’oeuvre des Mennonites, « secours aux enfants des camps d’internement » dans cette « Villa » du bord de mer, aujourd’hui disparue, comme l’ont été presque tous les souvenirs s’y rapportant.
        De nombreux enfants, dont nous avons l’identité, en majorité enfants de la « retirade » et plusieurs enfants juifs y ont été secourus et protégés.
        On y parle également de l’oeuvre des Mennonites à Cerbère, Banyuls, Collioure, auprès des réfugiés espagnols (cantines, distributions de vivres etc…)

        • Simonne Chiroleu-Escudier
          3 avril 2013 at 17 h 35 min

          Le livre « La Villa Saint-Christophe, maison de convalescence pour enfants des camps d’internement » Canet en Roussillon 1941-1943″
          sera présenté au public le 12 avril 2013 au Théâtre Jean Piat à Canet en Roussillon.

          • Simonne Chiroleu-Escudier
            21 avril 2013 at 9 h 13 min

            Nous venons d’apprendre que Lois Gunden vient d’être reconnue, début avril, »Juste parmi les Nations » grâce entre autre au témoignage de quelques personnes ayant séjourné en 1941/42 à la Villa Saint Christophe à Canet Plage (66) et que nous avons retrouvées.

          • Simonne Chiroleu-Escudier
            30 avril 2013 at 14 h 35 min

            Le livre « La Villa Saint-Christophe, maison de convalescence pour les enfants des camps d’internement » située à Canet-Plage (66)1941/1943, comporte la liste des enfants enfants qui y ont séjourné.Si vous êtes concerné ou si vous connaissez une personne qui y a séjourné, pouvez-vous prendre contact avec nous.
            Merci.

          • Ludia VILARO
            20 mai 2013 at 12 h 05 min

            Ma mère, Josefina BENITO IBANEZ a séjourné à la Villa entre le printemps 1941 et l’automne 1942, soit entre ses 14 et 15 ans, après avoir passé quelques mois au camps de Rivesaltes. Elle est âgée de 86 ans et a des souvenirs assez précis et contrastés. Elle souhaiterait obtenir la liste des enfants pour rechercher ses anciennes camarades.

          • faya-debeaune
            24 mai 2013 at 10 h 19 min

            Bonjour, et aidant actuellement une personne à faire sa biographie, je cherche à savoir si vous avez eu connaissance de la présence FAYA ANTONIO, FAYA JOSEPHINE et FAYA JULIEN fin juillet 42 pendant quelques dans ce camp en provenance de Rivesaltes.
            Merci infiniment

        • Simonne Chiroleu-Escudier
          24 mai 2013 at 17 h 30 min

          Réponse à Lydia Vilaro.
          Effectivement, votre maman figure dans la liste des enfants hébergés à la Villa.Vous trouverez cette liste ainsi que de nombreuses photos d’enfants dans le livre que vous pouvez commander à « Alliance Editions 32, rue des Ecureuils Saint-Estève 66240 ou dans les librairies des Pyrénées-Orientales.

          • Simonne Chiroleu-Escudier
            24 mai 2013 at 17 h 32 min

            Réponse à Lydia Vilaro.
            Effectivement, votre maman figure dans la liste des enfants hébergés à la Villa.Vous trouverez cette liste ainsi que de nombreuses photos d’enfants dans le livre que vous pouvez commander à « Alliance Editions 32, rue des Ecureuils Saint-Estève 66240 ou dans les librairies des Pyrénées-Orientales.

          • Simonne Chiroleu-Escudier
            24 mai 2013 at 17 h 36 min

            Réponse à Faya-debeaune.
            Bonjour,
            Effectivement,nous retrouvons dans nos listes Faya-Blasquez Antonio, Josefina, Julien à la maison St Christophe du 1er août au 17 septembre 1942. Pour plus de renseignements voir le livre

  4. Mark Kalish
    27 décembre 2012 at 2 h 10 min

    My mother, Ginette Drucker, was a child at Villa St. Cristophe and remembers Lois Gunden, the director, well. Is the Villa still in existence? If so, where might I find it. Thank you.

    • Vojtech Vykouk
      16 janvier 2013 at 11 h 21 min

      The villa does not exist any more. It was demolished because of building new facade of the beach. I work on an article about the villa St. Christophe, so if you have any relevant memories from your mother i will be very pleased if You can contact me.

      • Mark Kalish
        18 février 2013 at 16 h 44 min

        Vojtech,

        Please tell me what you are working on and your connection to Villa St. Christophe. My mother has just written a testimony for Lois Gunden for Yad Vashem and perhaps I can send that to you.

        Mark

        • Vojtěch Vykouk
          25 février 2013 at 14 h 38 min

          Mark,
          thanks for reply. I am writting a research as a student of the university of Perpignan about Lois Gunden and her work and I live in Perpignan. Please contact me via mail « Vojtech.vykouk(at)gmail.com » so I can write you more.

          Thanks a lot

          Vojtech

    • Bernard Wilson
      22 avril 2013 at 0 h 56 min

      Hi Mark
      Does your mother remember Mary Elmes, of the Quaker delegation who removed children from the camp of Rivesaltes and took them to the Villa St Christophe? We are trying to get her recognised by Yad Vashem also.
      I habe access to the Quaker archives which has a vast collection of material on this subject in the Perpignan area.
      Bernard

  5. Sentis Georges
    24 octobre 2012 at 11 h 03 min

    Historien, j’habite Canet-Plage, travaille sur la Résistance dans les Pyrénées Orientales et préside le Comité départemental de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance.A ce titre je prépare un déplacement de scolaire à Auschwitz sur les pas d’Helena Wolf, jeune juive arrêtée à Font Romeu et déportée.
    Mon épouse, professeur d’Anglais en retraite, est d’accord pour traduire les passages du Journal de Loïs concernant Canet et l’ANACR est d’accord pour publier une plaquette sur le travail des Mennonites dans notre département.

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