Mazel, le récit d’Elsa Karbowitz

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Épilogue

 

Maurice Destel, époux d’Elsa et son petit fils Maxime 1980

Et moi, je retrouvais ce Paris libéré que j’aimais tant. J’y trouvais aussi la nationalité française en épousant mon cher Maurice en 1947. Notre fils Jacky naquit en 1950. Ce livret est écrit essentiellement à la demande de Jacky pour mes petits enfants, dans la mesure où je suis, de cet holocauste, la dernière survivante de la famille et que je me dois d’en restituer la mémoire. Je précise que mes trois petits enfants font tout mon bonheur et m’apportent, chacun à sa manière le meilleur de lui-même.
Maurice, mon mari, décédé en août 1980 a connu Maxime qui était né en avril. Pourtant, la joie de cette naissance passa soudain au second plan en août, à la mort de Maurice qui fut pour moi une perte immense.
Que dire de mon mari ? Il fut pour moi un merveilleux époux, pour Jacky le plus indulgent des pères et un adorable grand-père pour le peu qu’il connut Maxime.
Il avait eu un infarctus quelques années plus tôt et l’on avait cru que ses problèmes cardiaques étaient jugulés. Cependant, son cœur fragile avait été mis à dure épreuve comme on peut l’imaginer par la perte de ses parents à Auschwitz. Sa sœur Addy, la plus jeune des filles avait échappé elle aussi à l’enfer et Maurice fut pour elle un soutien dans la vie. Maurice était avec tous, attentionné et serviable.
J’ai moi-même du survivre aux épreuves durement ressenties et notamment à la maladie, en l’occurrence un cancer opéré et j’ai là une pensée toute particulière pour mon compagnon Henri, si dévoué.
La chance, ce «mazel» dont j’intitule cet écrit est là aussi, grâce à mon fils qui m’a si bien épaulée durant mes épreuves. Pour tout cela le mot « reconnaissance » est un vain mot. Il n’est pas toujours dans la logique que les enfants vous soutiennent.
De même, j’ai une pensée émue pour ma belle-fille Inès qui est une mère attentive, qui a toujours été présente dans les coups durs et dont la belle famille est une récompense.
Nous tous survivons aux épreuves avec notre courage légendaire et nos espoirs d’une vie meilleure.

 

Une dernière note de l’éditeur :

Elsa Karbowitz a omis dans son récit de mentionner les noms de familles de ses proches.

Les déportés de sa famille :

ICKOWICZ Emile, né le 21 mai 1924 à Epinal, domicilié à Saint-Michel-L’écluse-et-Léparon, convoi n° 68 fils cadet de Myriam ICKOWICZ d’un premier mariage
ICKOWICZ Marie, polonaise, née le 22 août 1890 à Louromine, domiciliée à Saint-Michel-L’écluse-et-Léparon, convoi n° 40 belle-mère d’Elsa
KARBOWITZ Annie, née le 9 août (ou septembre) 1935 à Metz, domiciliée à Saint-Michel-L’écluse-et-Léparon, convoi n° 40 demi-soeur d’Elsa
Fernand  Werner KARBOWITZ né le 01 septembre 1914 à Darmstadt. Déporté à Auschwitz par le convoi n° 38 au départ de Drancy le 28/09/1942, frère d’Elsa.
Annette KARBOWITZ épouse de Fernand née le 27 février 1923 à DUISBURG, déporté(e) par le convoi n° 76

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