Plus qu’un nom dans une liste : Marianne Epstein

Yvette Ferrand nous a adressé le texte et les documents suivants et nous la remercions.

marianne-esquisse

Marianne Epstein  est née le 18 Décembre 1925 à Fribourg en Brisgau en Allemagne. Son père, Siegfried était né le 5 novembre 1885 à Eichstetten et il y dirigeait une imprimerie. Sa mère Lina (née Weil) à Lörrach le 17 avril 1896.

Lors de la Nuit de Cristal les 9 et 10 novembre 1938, l’imprimerie est incendiée par les nazis et Siegfried arrêté ainsi qu’une grande partie de la communauté juive de la ville et interné dans un camp. Libéré contre une caution et parce qu’il est un ancien combattant, il organise ce qu’il pense être le sauvetage de sa famille. Ils partent vers la Hollande où réside déjà une partie de la famille de Lina puis rapidement vers la France.

La synagogue de Lorrach ( Pays de Bade) après la nuit de Cristal

Le 24 avril 1939 ils sont à Angers en Maine-et-Loire et trouvent à louer un petit meublé à deux pas de chez mes grands-parents qui ne tardent pas à lier connaissance et amitié avec eux. Marianne, prénommée ainsi par admiration pour la France, apprend notre langue avec mon grand-père, directeur d’école, puis à la rentrée 1939 entre au Lycée Du Bellay où elle devient une très bonne élève. C’est vers cette époque que mon père prend la petite photo où l’on reconnaît ma grand-mère entourée de Lina et Marianne.

Famille Epstein0001

Photo qui dormira dans un carton jusqu’en 1997.

 

Lors de l’invasion Allemande de en mai  1940, la famille Epstein, connaissant le péril que représente pour eux l’arrivée des nazis, décident de partir vers le sud.  Ils envoient une ou deux cartes postales de Limoges puis plus rien n’arrive.  Juste après la guerre, mes grands parents font quelques recherches, ils se rendent même en Suisse chez un frère de Lina mais il est encore trop tôt pour savoir et ils abandonnent en se disant que malheureusement ils ont été déportés sans retour. Voilà ce que ma mère me raconte quand je découvre cette photo un jour pluvieux de Décembre pendant le procès de Papon. Je connais depuis longtemps le travail des époux Klarsfeld et je comprends qu’il est possible de chercher et trouver ce qu’il est advenu d’eux je les contacte et commence la recherche aux archives de la Haute-Vienne. Ils sont tous les trois dans les listes des juifs étrangers recensés depuis 1940, ils ont des cartes d’alimentation et de textile . Marianne a fréquenté l’école de l’ORT et ils ont trouvé à se loger à St Léonard de Noblat.

carteMarianne

C’est là que, le 26 aout 1942, ils sont raflés avec des milliers d’autres juifs étrangers de zone sud, là où il n’y a aucun allemand. Ils sont dirigés sur le camp de Nexon puis, le 29 vers Drancy d’où ils partent vers Auschwitz-Birkenau le 31 août 1942 par le convoi 26.

Marianne n’avait pas encore 17 ans.

 

 

Plus qu’un nom dans une liste est une initiative du site Jewishtraces pour accompagner la journée Internationale de la Shoah .« Plus qu’un nom dans une liste », une initiative relayée sur Twitter et Facebook, renouvelle la manière de sensibiliser les publics à l’histoire de la Shoah par la publication de micro-biographies de victimes. Du 20 février au 19 avril 2012 nous avons publié quarante quatre micro-biographies d’une victime de la Shoah. Exilés en France, déportés depuis la France ou assassinés en France, nous rappelons ici le destin d’hommes de femmes et d’enfants qui apparaissent dans les listes des victimes recensées par les historiens ou dans les listes compilées par les bourreaux. En 2013 nous faisons appel aux familles pour enrichir ces récits et continuer la diffusion de l’histoire de la Shoah en étoffant les témoignages d’archives historiques.






















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