Plus qu’un nom dans une liste : Robert Krengel

Robert n’a pas son nom dans une liste, parce que le sort de Robert est une énigme à moitié résolue. A moitié, donc toujours incertaine.

C’est l’histoire d’un jeune homme de seize ans qui a réussi a survivre à Lyon jusqu’en juillet 1944. Robert est le fils de Henri Krengel et de Lea Tellermann. Henri, son père est né en Pologne, quand il est né il se prénommait Israël mais en 1929 il est devenu français et son prénom a changé.

Robert avait 16 ans pendant l’été 44, il a entendu que les américains avaient débarqué en Normandie. Avec son père le 3 juillet ils reçoivent la visite de types louches au magasin de la rue des Carmélites. Ce sont des miliciens ou des membres du PPF. Toujours est-il que les quatre hommes extorquent à Henri quinze mille francs. Robert et Henri sont battus et sous la menace des armes ils sont interrogés et divulguent les noms et adresses d’autres juifs.

Leur vie est sauve mais le lendemain marchant rue de l’Annonciade, à trois cent mètres à peine de la maison, ils tombent nez à nez avec un de leurs voleurs, Henri ne comprend pas qu’il s’agit de types du P.P.F et il interpelle l’homme qui est en compagnie d’une femme, l’autre sort une arme et les emmène à l’Hôtel Edelweiss où ils sont à nouveau battus et séquestrés.  Robert est forcé dans les jours qui suivent d’arpenter les rues avec les hommes du P.P.F pour les aider à rançonner des juifs qu’il connait.

Alors que le P.P.F en a fini avec les père et le fils il les transfère une semaine plus tard à la Gestapo, Place Bellecour, Robert tente de s’échapper, selon le témoignage que son père a fait à Jacques Silbermann au Fort-Montluc, mais des coups de feu ont retenti; Henri croit son fils mort.

Aucun corps n’est envoyé à la morgue.

Henri est à Montluc, le 31 juillet il est à Drancy et est déporté par le convoi 77.

En 1945,  Lea demande au Professeur Mazel en charge du mémorial de l’Oppression  et du Service de recherche de crimes de guerre ennemis de retrouver son fils. L’enquête conclut à l’assassinat mais ne trouve trace de la dépouille de Robert.

Henri ne revient pas d’Auschwitz.

Robert n’a pas de tombe, Henri non plus.

 

 

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