Le centre d’accueil de Vic-sur-Cère

C’est au cours du mois de mai 1942 que l’Abbé Glasberg des Amitiés Chrétiennes sollicite le Préfet du Cantal pour la création d’un centre d’accueil dans son département. Sa démarche est la même que celle qui a présidé à la création du centre d’accueil de Chansaye :
« Contrairement à la conception de l’Etat pour qui les populations envoyées dans les camps doivent être exclues de la vie normale du pays et méritent au mieux le minimum vital, on mise ici autant que possible sur les forces vitales que même un séjour prolongé dans les camps n’a pu ôter à ces hommes et femmes. Cela permet aux centres une autarcie relative et une existence avec un minimum d’aide financière de l’extérieur ».

Aussi, le 11 juillet 1942, le préfet du Cantal autorise la création d’un centre dans la commune de Vic-sur-Cère située à une vingtaine de kilomètres d’Aurillac. Ce centre est destiné à accueillir une quarantaine de jeunes filles de 16 à 22 ans qui « apprendraient d’abord la langue française puis les cultures potagères et les travaux de la basse cour ainsi que les travaux ménagers. »

Les Amitiés Chrétiennes réussissent à louer l’hôtel Touring situé au 15 de la rue Fayet, près de la gare, c’est un solide bâtiment de quatre étages dont la capacité de logement est fixée à 70 places. Afin de recevoir les enfants, des chambres sont transformées en dortoirs pour trois ou quatre enfants.

Qui sont les hébergés ?

Les jeunes filles qui arrivent à Vic-sur-Cère en ce mois de juillet 1942 sont pour certaines libérées des camps de concentration du Sud de la France. C’est le cas des étrangères, dont la libération a été autorisée suite à la décision de la commission de criblage. Le processus est le suivant : les assistantes sociales attachées à cette commission identifient les enfants qui n’ont plus de parents en France, et que l’on considère donc comme abandonnés. Ce statut d’enfant abandonné permet d’envisager leur accueil dans un centre comme celui de Vic-sur-Cère. Que faut-il entendre par « plus de parents » ? Cela signifie que les parents ont été déportés. Dans le cas contraire, les Amitiés Chrétiennes, qui ne peuvent obtenir la libération des parents internés, encouragent ces derniers à leur confier l’autorité parentale. Ainsi, les enfants sont considérés comme abandonnés quand bien même nombreux sont celles et ceux qui ont encore au moins leur maman au camp.
C’est le cas d’Hannelore Kahn qui est née à Offenburg en Allemagne le 11 septembre 1925 . Comme des milliers d’autres juifs allemands du pays de Bade, elle est raflée le 22 octobre 1940 et expulsée d’Allemagne en compagnie de ses parents, Adolf et Bertha, née Grunebaum. Sa sœur Ruth n’est pas avec eux. Le 25 octobre 1940, leur convoi de déportés arrive à Gurs puis en août 1941 ils sont transférés à Rivesaltes. Les parents de Hannelore vont rester dans ce camp jusqu’au mois d’août 1942. Le 11, ils quittent le camp de Rivesaltes pour Drancy. On retrouve leurs noms sur la liste de déportation du convoi n° 19 du 14 août 1942, listés avec beaucoup de noms d’autres parents dont les enfants sont recueillis à Vic-sur-Cère. Avant leur départ, les Amitiés Chrétiennes ont obtenu qu’ils leur confient Hannelore. Ainsi, la jeune fille embrasse ses parents pour la dernière fois le 13 juillet 1942, date à laquelle elle prend le train pour Vic-sur-Cère en compagnie de 12 autres jeunes filles qui échappent à l’enfer des camps et de la déportation.

Les jeunes filles non internées avant leur arrivée à Vic-sur-Cère sont pour la plupart de nationalité française. Quelques-unes viennent de Lyon, où les Amitiés Chrétiennes en lien avec l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) travaillent pour placer les enfants en sécurité. C’est le cas de Sara et Berthe Stopnicer.

Sara et Berthe Stopnicer sont les filles de Izraël Stopnicer et de Estera Stopnicer, née Kirschner . Leurs parents ont quitté la Pologne pour vivre en Belgique, qu’ils ont ensuite quittée en 1931 pour s’installer à Paris où elles sont nées, ainsi que leur sœur Charlotte. Jusqu’en novembre 1941, Izraël travaille comme artisan maroquinier. A cette date, craignant d’être interné par les autorités d’occupation, il décide de quitter Paris en compagnie de son fils aîné, Jayna âgé de 17 ans. Le 28 novembre 1941, ils franchissent la ligne de démarcation pour se réfugier en zone libre, à Saint-Didier-au-Mont-d’Or a nord de Lyon, puis à Limonest, à quelques kilomètres.
Estera, les rejoint avec leurs trois filles âgées de 8, 5 et 3 ans. La date de leur départ de Paris est imprécise : soit le 4 juillet 1942, soit le 8 août 1942. Les archives de la Préfecture ne disent évidemment pas par quel réseau Sara et Berthe ont été acheminées à Vic-sur-Cère. L’hypothèse que l’OSE ait demandé l’aide des Amitiés Chrétiennes est la plus vraisemblable et attestée par les archives de l’OSE.

Le 14 août 1942, les deux jeunes sœurs arrivent à Vic-sur-Cère en compagnie d’autres enfants venus de Lyon. Elles sont séparées de leur maman, et font la connaissance d’autres enfants, des orphelins arrachés des camps de concentration français.

Les premières jeunes filles qui arrivent au centre le 13 juillet 1942 ont fait le voyage de Rivesaltes à Vic-sur-Cère, en compagnie d’Henriette Malkin, la directrice du centre et de ses deux enfants . Elles sont treize, de nationalité hongroise, tchèque, allemande, polonaise.

Si les premières hébergées sont des jeunes filles, conformément au statut du centre, la population évolue rapidement puisqu’on constate la présence de fratries, tels les enfants Eiss : Ela, 14 ans, Adolphe, 13 ans, et Fernande 12 ans qui arrivent le 21 août 1942 en provenance de Lyon .

Le 28 octobre 1942 , trente-six personnes vivent à Vic-sur-Cère dont les enfants et le mari de la directrice du centre.
- Dix-huit sont de nationalité française,
- sept de nationalité allemande,
- deux de nationalité hongroise,
- huit de nationalité polonaise,
- une de nationalité tchécoslovaque.

Les informations manquent sur la période qui s’étend de novembre 1942 à la Libération.
Selon le témoignage d’Ilse Leo-Pollak, après l’évacuation de la pouponnière de Limoges, des femmes et des enfants ont été transférés, par les Amitiés chrétiennes et l’O.S.E, de Limoges à Vic-sur-Cère

Susanne Pollak dans le bras d’une pensionnaire de Vic-sur-Cère vers 1943

 

Liste de l’OSE 1943

Au 25 août 1944, près d’une centaine de personnes vivent au centre, dont vingt-trois garçons, le plus jeune Michel Unikowski étant âgé de vingt mois et soixante-quatre filles et jeunes-filles. Les plus jeunes, Jacqueline et Hélène sont nées le 27 mai 1944. A leur côté, des adultes, essentiellement des femmes, sont réfugiées. L’aînée, Paulette Kleniec est dans sa trente-septième année.

Liste des hébergées

L’organisation du centre d’accueil

Il semblerait que dès sa création, l’Abbé Glasberg ait proposé que le centre soit confié à une direction française et aryenne. Pourtant, la première directrice qui arrive à Vic-sur-Cère sort du camp d’Agde où elle a été internée en tant que juive. Henriette Malkin est rejointe par son mari, Isaac, le 28 septembre 1942. Il est polonais, juif, et se présente comme préparateur en pharmacie, mais il semblerait qu’il soit médecin, et donc dans l’interdiction d’exercer sa profession du fait de sa religion et des mesures discriminatoires prises par le gouvernement de Vichy.
Henriette Malkin est assistée d’une institutrice privée, « chargée de l’enseignement, de l’éducation et la formation morale des hébergées ». Comme dans les autres centres d’accueil de l’Amitié Chrétienne, les travaux matériels, tels le nettoyage, l’entretien, la cuisine sont assurés par les hébergés. Enfin un médecin, le docteur Delort s’occupe de la santé des enfants. Il explique : « une fiche médicale est établie pour chacun des enfants à l’arrivée, un contrôle mensuel des pesées et mesures est effectué et à la moindre affection je suis immédiatement convoqué »

Selon le témoignage de Paul Niedermann, Miron Zlatin replié avec d’autres cadres de l’OSE de la région de Montpellier assure l’intendance du centre à partir de novembre 1942. En janvier 1943 une fiche du service du personnel de l’OSE mentionne son adresse : 6 rue de la gare, il s’agit de l’adresse du centre d’accueil.
Au printemps 1943 Miron , Paul et Theo Reis quittent Vic-sur-Cère pour Izieu.

La vie à Vic-sur-Cère.

Nous disposons de très peu de témoignages sur la vie à Vic-sur-Cère. Selon les souvenirs d’Hélène Turner, « A Vic, au Touring-Hôtel, on était bien. On avait un lit, on mangeait à une table. On avait retrouvé un semblant de vie normale. « 

Le docteur Delort donne quelques éléments :
Les enfants qui arrivent au centre sont la plupart du temps démunis de tout. Ils dorment dans des chambres communes, à trois pour les plus grands, à quatre pour les plus petits. Parfois les frères et sœurs sont couchés dans le même lit. Si la plupart des lits sont munis de matelas, une vingtaine de paillasses faites de toiles de jute remplies de paille ont dû être ajoutées pour coucher tous les enfants. Mais les quantités de paille sont insuffisantes et le docteur déplore que les demandes d’allocations supplémentaires de paille aient toujours essuyé un refus de la part de la Mairie de Vic-sur-Cère ou de l’intendance. Les couvertures sont défraîchies et les draps ne peuvent être maintenus dans un état de propreté parfaite compte tenu du manque de savon.

Quant au chauffage, les pièces chauffées en permanence en hiver sont le réfectoire, la salle d’études et l’infirmerie. « Dans la mesure du possible les chambres sont chauffées une sur deux (porte de communication ouverte). » Cependant, il est clair « que la quantité de charbon allouée à cette intention ne […] permet pas de chauffer davantage » et est même nettement insuffisante.

Si en l’absence de témoignage, on ne connaît pas la vie quotidienne des enfants à Vic-sur-Cère on en sait davantage sur l’accueil qu’ils ont reçu de la part de la population locale : « Les occupants du centre ne doivent pas leur survie à une complicité bienveillante de la population qui, si elle ne se livre pas à la délation, est dans son ensemble plutôt indifférente sinon hostile à la présence des jeunes Juifs ».

Quel accueil par la population de Vic-sur-Cère?

Vic-sur-Cère est une station thermale qui doit sa prospérité aux nombreux touristes et curistes qui fréquentent la station durant les mois d’été. Avec l’entrée en guerre, puis la défaite, les hôtels et meublés restent vacants. Bien sûr, des réfugiés sont venus s’y installer, puis sont repartis dans la mesure où ils pouvaient regagner leur domicile d’avant guerre. Puis sont venus d’autres réfugiés.
Dès août 1941, un centre d’accueil pour réfugiés polonais est ouvert pour la Croix-Rouge polonaise, qui n’a rien à voir avec les Amitiés Chrétiennes. Installé dans l’hôtel Le Manoir, il est destiné à loger quatre-vingt-cinq personnes, essentiellement des femmes et des enfants. Une enquête des renseignements généraux nous en apprend un peu plus :
« Les hébergés du centre d’accueil Polonais de Vic-sur-Cère sont d’anciens officiers de l’armée polonaise vivant avec leur famille, des fonctionnaires polonais et des membres isolés de militaires polonais ». Plus loin, on lit : « Ces familles paraissent issues de milieux cultivés. Elles sont toutes de bonne éducation et ont appartenu, en partie, à l’aristocratie polonaise. Aucun de ces Polonais n’est de race juive ».

Parallèlement, des juifs français et étrangers son venus se réfugiés à Vic-sur-Cère ou ont été assignés à résidence dans la commune. Ainsi, selon Gilles Lévy, « au recensement du 15 mars 1943, le département du Cantal comprenait deux cent-quarante-sept juifs français et deux cent-quarante-huit étrangers, soit au total quatre cent-quatre-vingt-quinze ».

Cette présence étrangère n’est pas sans provoquer le mécontentement des habitants de Vic-sur-Cère qui accusent ces étrangers de se livrer au marché noir, de n’être que des oisifs. Le Maire, monsieur Bonnet, déplore de ne jamais avoir été consulté à propos de cet établissement qu’il considère de « réputation lamentable » . Leurs plaintes reçoivent un écho auprès de la préfecture qui fait effectuer une enquête par les Renseignements Généraux dont l’inspecteur Gillet rend compte le 25 novembre 1942.
A propos du centre des Amitiés Chrétiennes, il déclare que les enfants hébergés sont « sans situation de fortune pour la plupart, ils sont vêtus plutôt pauvrement et seraient même loin d’avoir le nécessaire indispensable » et « ils n’ont pas la possibilité ni les moyens de se livrer au marché noir ». Selon lui, « de l’ensemble des renseignements recueillis, il ressort que le mécontentement de la population de Vic-sur-Cère n’est pas tant provoqué par le centre d’accueil de la jeunesse juive que par la présence de nombreux juifs qui viennent sans cesse s’installer dans le village. D’autant plus que la plupart de ces derniers ont des possibilités pécuniaires qui leur permettent d’acheter au marché noir différentes denrées alimentaires et de louer des appartements bien au-dessus du cours normal. Ils sont pour la plupart sans profession et leur attitude générale tant vis-à-vis du gouvernement qu’envers les habitants du village ne serait pas toujours correcte. » Il conclut que l’affluence sans cesse accrue « dans la localité de juifs qui occupent la plus grande partie des hôtels serait fort préjudiciable à l’industrie et au commerce de Vic-sur-Cère, en tant que station climatique, thermale et touristique. »Il ajoute qu’ »il serait bon d’y mettre un terme car l’afflux de Juifs sur le territoire de la commune provoque […] un mécontentement général de la partie saine de la population. »

Il n’est pas rare que les rapports des inspecteurs abondent dans le sens de l’opinion publique dont on craint les manifestations. L’antisémitisme de l’inspecteur n’est plus à prouver. « La partie saine de la population » parle pour lui. Cependant, en ce qui concerne le centre, l’inspecteur ne peut rien reprocher, sinon de constater que la direction devait être assurée par un couple français et aryen. Or, Madame Malkin est juive et son mari est juif polonais. Dans ces circonstances, l’Abbé Glasberg se veut rassurant. Dans une lettre datée du 12 décembre 1942, il explique que Madame Malkin a été nommée uniquement à titre provisoire et que cette situation a duré car il ne trouve pas de personne vraiment qualifiée et prête à accepter ce poste. Cependant, il ajoute qu’il compte se rendre lui-même dans le courant de ce mois de décembre pour installer une nouvelle directrice et « remettre de l’ordre dans la maison ». En réalité, la nouvelle directrice Suzanne Jacquet est déjà arrivée en compagnie des enfants qui étaient logés dans le centre d’accueil de Marseille, qui a été réquisitionné par les Allemands depuis qu’ils ont envahi la zone libre le 11 novembre 1942. Enfin, l’abbé Glasberg fait apposer un règlement intérieur qui doit être affiché dans chaque chambre. Ce règlement rappelle un certain nombre d’interdits et la menace du renvoi immédiat au camp de Gurs est écrite noir sur blanc. Plus rien ne peut être reproché au centre.

Miron Zlatin au centre entouré de Paul Niederman et Théo Reis

Un an plus tard, une délégation de la jeunesse vient inspecter le centre : si les enfants ne peuvent être incriminés de marché noir ou d’attitude oisive, l’attaque vient du côté de l’entretien du centre d’accueil. Lorsque le délégué-commissaire régional adjoint à la délégation du Cantal du secrétariat à la jeunesse se rend au centre, Suzanne Jacquet revient d’une absence d’une vingtaine de jours et a subi une intervention chirurgicale. En son absence, le centre s’est désorganisé.

Dans un rapport rédigé le 3 février 1944 , le délégué écrit :
« Si nous n’avons pas à considérer la race de ces jeunes de nationalités diverses, il est malgré tout indispensable d’exiger de ce centre une hygiène et un confort élémentaire ». Il reproche que les draps soient souillés et « certainement lavés très rarement », que les chambres ne soient pas suffisamment chauffées, que « des enfants de2 à 24 ans, sans distinction de sexe » vivent ensemble. Il s’attaque à l’encadrement et met en doute la « formation morale » de ces jeunes, assurées paraît-il par trois « cheftaines » qu’il dit ne pas avoir pu rencontrer. Il ajoute que « les plus petits vont à l’école tout à fait irrégulièrement ; la plupart du reste parlant à peine le français ».

Il considère qu’ »une telle malpropreté est scandaleuse pour une collectivité. […] Il est absolument inadmissible de laisser fonctionner un établissement, fût-il occupé par des Israélites, dans des conditions aussi déplorables ». Il affirme que si rien n’est fait pour améliorer la situation, « nous pourrions envisager le pire à tous points de vue ». Il fait référence à des épidémies dont il s’étonne qu’il n’y ait pas eu d’épisodes signalés par aucun médecin. Au final, il suggère qu’en l’absence d’amélioration, le centre soit fermé.

Les Amitiés Chrétiennes réagissent. Le 20 avril, le docteur Delort s’adresse au Préfet du Cantal pour démonter point par point les attaques. S’il concède qu’un laisser-aller a pu se remarquer, il concorde avec la maladie de la directrice qui a dû s’absenter. Depuis son retour, « le centre fonctionne d’une façon normale » et il ajoute « il serait à souhaiter cependant, que pour parer à tous ces inconvénients le centre reçoive des attributions plus considérables de combustibles, de savon et de paille ». Le lendemain, l’inspecteur général de l’Amitié Chrétienne écrit également au préfet. Il reprend chacun des points litigieux et présente en regard les améliorations qui ont été apportées. Pour témoigner de leur bonne volonté, il informe le préfet que le personnel qui s’était montré négligent en l’absence de la directrice a été remplacé, une cheftaine supplémentaire a été engagée et qu’il a « prescrit quelques mesures pour renforcer la surveillance des enfants ». Il affirme au Préfet du Cantal que du fait de ces mesures, le centre « sera à l’abri de toute critique ».

Pendant toute la durée de la guerre, les enfants hébergés à l’hôtel Touring  restent à l’abri des arrestations. Pourtant, le centre d’accueil est connu des Renseignements Généraux, certainement des autorités allemande, assurément de la milice dont le responsable départemental réside à Vic-sur-Cère. Certains affirment que cette maison ait bénéficié de la protection de la secrétaire de mairie et du Préfet du Cantal . Il reste à le démontrer, documents d’archives à l’appui.

 

 

Règlement intérieur du centre d’accueil: (À afficher dans chaque chambre)

1°) Les personnes hébergées au Centre d’Accueil doivent être présentes à l’appel aux heures fixées par la Direction, en particulier aux heures du lever, du coucher, et des repas.

2°) Aucun repas ou fraction de repas ne sera servi hors des heures ci-dessous, sauf aux malades sur avis motivé du médecin.

3°) Aucun régime alimentaire spécial ne sera concédé, sauf sur avis formel du médecin, et ce dans la mesure des possibilités de la Direction.

4°) Il est rigoureusement interdit sous peine de renvoi immédiat au camp de Gurs de faire toute opération commerciale tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Maison, d’acheter dans les fermes environnantes ou de recevoir par quelque voie que ce soit des denrées alimentaires sans le contrôle et le visa de la Direction.

5°) Tous les journaux, périodiques et livres ne pourront entrer dans la Maison qu’après visa de la Direction.

6°) La politique est rigoureusement bannie de la Maison

7°) Les jeux avec enjeu sont interdits

8°) Il est interdit d’utiliser aucun appareil de T.S.F.

9°) Il est interdit d’utiliser le courant électrique pour le branchage d’appareils domestiques divers sans autorisation expresse de la Direction et sous peine de confiscation.

10°) L’entrée des cuisines et annexes est interdites

11°) Il est interdit d’utiliser les lavabos pour la lessive individuelle laquelle aura lieu obligatoirement à la buanderie.

Signé : Abbé Glasberg

 

AD Cantal, 1 W 213 :

Liste nominative des jeunes filles israélites hébergées au centre d’accueil de Vic-sur-Cère.

  • Emilienne Amar
  • Colette Borach
  • Suzanne Byck
  • Stella Chalom
  • Bernard Dufay
  • Paul Fogelman
  • Jacques Froidefond
  • Marie Goldman
  • Jacques Grabarz
  • Charles Groner
  • Jacques Groner
  • Maurice Groner
  • Benjamin Jacobi
  • Daniel Jacobi
  • Lina Jacobi née Korn
  • Hannelore Kahn
  • Irène Kahn
  • Laure Katz
  • Manfred Kirschner
  • Roland Klein
  • Albert Kleniec
  • Jacques Kleniec
  • Irène Manasse
  • Willy Pajecki
  • Georges Puccio
  • Yves Puccio
  • Jean Radoin
  • Bernard Szuchendler
  • Joseph Sidi
  • Joseph Topor
  • Léon Topor
  • Michel Unikowski
  • Léon Wasjberg
  • Gérard Wolf

Sources

Eggers Christian, L’internement sous toutes ses formes: approche d’une vue d’ensemble du système d’internement dans la zone de Vichy. Le Monde juif,1995, n° 153, p. 7-75.
AD Cantal : 1 W 213
AD Cantal : 7 W 297 ; 1 W 213 ; AD Pyrénées-Orientales : 134 W 480 ; 134 W 31 ; 1260 W 15
AD Rhône : 829 W 162, n° 24768
Frédérique Chaimowitz
Suzanne Chaimowitz
Ida Frajler
Henriette Malkin
Marianne Malkin
Joël Malkin
Catherine Berger
Madeleine Berger
Liselotte Boeticheimer
Herta Kaufman
Laure Katz
Hannelore Kahn
Rachel Jankelovicova
Irène Kahn
Lilly Sjagez
Liselotte Wallenstein
Fernande Eiss née le 18/01/1930, Ela Eiss née le 23/11/1927, Adolphe Eiss né le 04/09/1928.

AD Cantal : 1 W 213. Lettre du docteur Maurice Delort au préfet du Cantal, 20/04/1944.
Disponible sur www3.ac-clermont.fr/etabliss/laponetie/resistance.html
AD Cantal : 1 W 213. Lettre de l’inspecteur général de l’Amitié Chrétienne, 21 avril 1944.
Bulletin n° 15 de l’association Les Enfants Cachés, juin 1996, pp 6-9 d’après MARTRES Eugène, Le Cantal 1939-1945.
Edition De Borée, 2004, pp. 64-65.
AD Cantal : 2 SC 5093
Archives nationales : AJ 38 147 ; LEVY Gilles, L’Auvergne des années noires. Editions De Borée, 2000, p. 201.
AD Cantal : 1 W 213. Rapport du -commissaire régional adjoint à la délégation du Cantal au secrétariat à la jeunesse 3 février 1944.
AD Cantal : 1 W 213. Rapport du 25 novembre 1942.
AD Cantal : 1 W 213. Lettre de l’Abbé Glasberg du 12 décembre 1942.
AD Cantal : 1 W 213. Rapport du -commissaire régional adjoint à la délégation du Cantal au secrétariat à la jeunesse 3 février 1944.
AD Cantal : 1 W 213. Lettre de l’inspecteur général de l’Amitié Chrétienne, 21 avril 1944.
MARTRES Eugène, Le Cantal 1939-1945





















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  3 comments for “Le centre d’accueil de Vic-sur-Cère

  1. 30 mai 2014 at 20 h 21 min

    Is there a way to view this website in English. I found the list of relatives when they were children on your list, but don’t understand how they were cared for and anything about the centre.
    Thank you
    Emilie

    • Jewishtraces
      30 mai 2014 at 21 h 54 min

      I am sorry Emilie but we took the english version off line because of shortage of finances. we also took the lists off
      Use google translate to have the English version paste the URL in google translate and it will give you an idea of the organistation.

  2. roger
    11 avril 2012 at 23 h 16 min

    bonjour,

    je voudrais savoir à quoi correspond un dossier 12 W 353.
    que veut dire enfant x pour nom de personne rédigé dans les charges. merci.

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